Mise Ă jour mai 2026
La sous-location est un acte par lequel le locataire dâun bien prend la position de bailleur en louant ce bien Ă une tierce personne, le sous-locataire.
Dans le cadre dâune sous-location, le locataire principal demeure tenu au paiement du loyer et il est responsable des actes du sous-locataire. Il entretient, avec ce dernier, les mĂȘmes rapports quâun bailleur avec un locataire.
Juridiquement, le sous-locataire nâa aucun lien avec le bailleur principal. La sous-location est en principe interdite. Le locataire ne peut louer un bien qui ne lui appartient pas. Toutefois certaines dĂ©rogations existent permettant ainsi de lâappliquer. Ces exceptions divergent selon le secteur du logement et sont ainsi diffĂ©rentes quâil sâagisse du secteur public ou du secteur privĂ©.
1. Interdictions de sous-louer et sanctions encourues
Les logements appartenant Ă un organisme HLM, quâils soient conventionnĂ©s(1) ou non, ne peuvent pas ĂȘtre sous-louĂ©s par le locataire. En cas de sous-location, le locataire âexpose Ă une sanction pĂ©nale. Il risque une amende de 9 000 euros ainsi que la rĂ©siliation de son bail.
Un logement privĂ© conventionnĂ© ne peut ĂȘtre sous-louĂ© si le locataire est un particulier. Il sâexpose alors Ă la rĂ©siliation du bail.
Pour les logements privĂ©s en location non conventionnĂ© (soumis Ă la loi de 1989 ou soumis Ă la loi de 1948), le locataire ne peut sous-louer son logement sans lâaccord Ă©crit du bailleur, y compris sur le prix. Sâil sous-loue sans autorisation, il sâexpose alors Ă la rĂ©siliation de son bail.
Les logements privĂ©s ne relevant ni de la loi de 1989, ni de la loi de 1948, sont soumis aux dispositions du Code Civil. La sous-location y est autorisĂ©e, dĂšs lors quâaucune clause ne lâinterdit au bail.
2. Apports de la loi ALUR du 24 mars 2014
Il est trĂšs important de noter que la loi du 24 mars 2014 emporte certains changements en matiĂšre de sous-location : lâarticle 1, I, 12° modifie lâarticle 8 de la loi du 6 juillet 1989 de sorte quâil est prĂ©vu que : « le locataire transmet au sous-locataire lâautorisation Ă©crite du bailleur et la copie du bail en cours. »
En consĂ©quence, le locataire devra fournir au sous-locataire le document par lequel le bailleur donne son autorisation en vue dâune sous-location.
En outre, le locataire devra également transmettre au sous-locataire une copie
du bail principal.
Cette nouveautĂ© est garante de plus de sĂ©curitĂ© pour les sous-locataires qui dorĂ©navant ne souffriront plus dâune hausse de loyer souvent imputĂ©e par le locataire et jouiront dâune sous-location parfaitement lĂ©gale.
3. Dérogations à la sous-location selon les secteurs
Sous-location en secteur HLM
(CCH : art. L. 442-8)
Par dĂ©rogation, les logements HLM peuvent ĂȘtre sous-louĂ©s par une personne morale (association agréées ou centres communaux ou intercommunaux dâaction sociale (CCAS)), ou autres organismes Ă but non lucratif, Ă des publics spĂ©cifiques (personnes dĂ©favorisĂ©es, jeunes de moins de 30 ans, personnes handicapĂ©es, personnes ĂągĂ©es et travailleurs saisonniers).
Dans le secteur HLM, la sous-location peut donc sâappliquer, lorsquâelle participe Ă lâaccompagnement social des publics spĂ©cifiques suivants :
- les personnes en difficultĂ© relevant de la loi Besson (bĂ©nĂ©ficiaires du RMI ou de lâAPI, relevant du Plan DĂ©partemental dâAction pour le Logement des Personnes DĂ©favorisĂ©es). Cette mesure permet de favoriser lâinsertion de ces mĂ©nages par le logement. Le locataire en titre est une association agréée ou un CCAS, chargĂ© de sous-louer, Ă titre temporaire, un logement et apportant ainsi des garanties au bailleur quant au paiement du loyer. Le sous-locataire est assimilĂ© au locataire et un contrat doit ĂȘtre Ă©tabli, comme dans le cas dâune location ordinaire (voir p. 4 sur les droits et obligations des sous-locataires).
- les jeunes de moins de 30 ans, à titre temporaire lorsque le locataire en titre est une association ou un Centre Régional des Oeuvres Universitaires et Scolaires (CROUS), pour les étudiants.
- les personnes ĂągĂ©es ou handicapĂ©es par le biais dâassociations ou dans le cadre dâaccueil Ă domicile des particuliers. Dans ce dernier cas, la sous-location peut ĂȘtre partielle et le loyer est calculĂ© au prorata du loyer total, en fonction des piĂšces occupĂ©es.
- les travailleurs saisonniers.
La sous-location peut ĂȘtre autorisĂ©e en meublĂ© comme en non meublĂ©. La personne morale assure ainsi la gestion du logement pour le compte du propriĂ©taire. Elle peut, Ă terme, se traduire par le glissement du bail du locataire en titre au sous-locataire, qui devient ainsi locataire (cf p. 4. Le dispositif des baux glissants).
Les associations et personnes morales ne sont pas les seules Ă pouvoir sous-louer un logement social. En effet, un locataire personne physique peut sous-louer une partie de son logement au profit dâune personne ĂągĂ©e ou handicapĂ©e. Le locataire en titre (personne physique) doit bĂ©nĂ©ficier dâun agrĂ©ment du conseil gĂ©nĂ©ral mais nâest pas tenu de demander lâautorisation du bailleur. Il doit, en revanche, lâinformer par lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception.
Sous-location en logement privé conventionné
(CCH : art. L. 353-20 modifié par la loi du 29.7.1998)
Le locataire particulier ne peut sous-louer son logement. Toutefois, des dérogations existent en logement privé conventionné, autorisant un organisme ou une association sociale, locataire en titre, à sous-louer un logement pour des publics clairement délimités :
les personnes en difficulté, relevant de la loi Besson (comme en secteur HLM),
les jeunes de moins de 30 ans lorsquâils sont louĂ©s par des associations ou le CROUS lorsquâil sâagit dâĂ©tudiants.
Sous-location en logement privé non conventionné
(Loi du 6.7.1989 : art. 8 et Code civil : art. 1717)
Lorsque le logement est soumis Ă la loi du 6 juillet 1989, la sous-location est tolĂ©rĂ©e si le bailleur donne son accord Ă©crit, y compris sur le montant du sous-loyer pratiquĂ©. Les locations soumises au Code Civil peuvent ĂȘtre sous-louĂ©s si aucune clause ne lâinterdit sur le bail.
Pour les logements relevant de la loi de 1948, la sous-location peut se faire sans lâaccord du propriĂ©taire dans trois situations:
- lorsquâelle est partielle et ne porte que sur une piĂšce du logement,
- lorsque le locataire a plus de 65 et vit seul, il peut alors sous-louer deux piĂšces de son logement quâil nâoccupe pas,
- lorsque le locataire est un fonctionnaire détaché, il peut sous-louer la totalité de son logement le temps de son éloignement.
Pour ces trois cas prĂ©cis, le locataire nâest pas tenu de demander lâautorisation du bailleur mais il doit toutefois lui notifier la sous-location par lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception, dans un dĂ©lai dâun mois, en mentionnant le prix demandĂ© au sous-locataire. Dans tous les autres cas, le bailleur doit donner son accord Ă©crit.
Le loyer demandĂ© au locataire en titre qui sous-loue son logement (soit en cas dâautorisation Ă©crite ou sans lâaccord du propriĂ©taire) est majorĂ© de 50%.
Les logements qui ne sont soumis ni Ă la loi de 1948, ni Ă la loi de 1989, relĂšvent du Code Civil, la sous-location est autorisĂ©e sans lâaccord du bailleur, dĂšs lors quâaucune clause particuliĂšre nâest mentionnĂ©e au bail. Le locataire peut user de ce droit tout le long de son bail.
4. Droits et obligations du sous-locataire
Droits et obligations généraux
Le sous-locataire peut bĂ©nĂ©ficier de protections similaires Ă celles du locataire (CCH L. 442-8-2) et notamment bĂ©nĂ©ficier des aides au logement (APL ou AL). Toutefois, il nâest pas assimilĂ© Ă ce dernier et ne dispose pas du mĂȘme statut. Juridiquement, le propriĂ©taire ignore le sous-locataire. Ce dernier entretient avec le locataire qui sous-loue des rapports identiques Ă ceux entretenus entre un propriĂ©taire et un locataire ordinaire. Le sous-locataire ne peut pas engager de recours contre le propriĂ©taire et ne peut se prĂ©valoir dâaucun droit.
Quel que soit le logement concernĂ©, le locataire principal ne peut faire bĂ©nĂ©ficier au sous-locataire de plus de droits que ceux dont il dispose lui-mĂȘme, notamment concernant la durĂ©e du bail.
Dans un logement HLM ou privé conventionné :
Le sous-locataire bĂ©nĂ©ficie des mĂȘmes droits et obligations quâun locataire ou organisme locataire en titre. Tout comme lui, il donne congĂ© lorsquâil souhaite quitter le logement avec un prĂ©avis de 3 mois (rĂ©duit Ă un mois dans certaines situations).
Dans le cas dâune sous-location au profit dâune personne en difficultĂ©, le sous-locataire perd le droit Ă la reconduction du bail (et donc au maintien dans les lieux) dĂšs lors quâil refuse une relocation dans un autre logement correspondant Ă ses besoins.
De plus, dĂšs quâil ne remplit plus les conditions dâaccĂšs Ă ce logement (notamment lâĂąge pour les logements destinĂ©s aux jeunes), il perd le droit au maintien dans les lieux.
Dans un logement privé non conventionné :
Quand le logement est soumis aux dispositions de la loi de 1989, les conditions de la sous-location sont fixĂ©es librement entre le locataire et le sous-locataire par Ă©crit. En loi de 1948, elles sont Ă©galement fixĂ©es par Ă©crit. Lorsque la sous-location est soumise aux dispositions du Code Civil, les obligations respectives du locataire et du sous-locataire se dĂ©finissent exclusivement dâaprĂšs le contrat de sous-location oĂč elles sont prĂ©cisĂ©es.
Loyer et charges du sous-locataire
Le loyer de la sous-location ne doit jamais excéder le loyer principal payé par le locataire :
- dans les logements privés non conventionnés, le bailleur doit donner son accord écrit sur le prix fixé,
- dans le cas dâun logement HLM, le montant du loyer rĂ©sulte de la rĂ©glementation HLM,
- Pour les logements conventionnés, HLM ou non, le loyer de la sous-location ne doit pas excéder le loyer maximum fixé par la convention.
Le sous-locataire reste assujetti au paiement du SupplĂ©ment Loyer SolidaritĂ© (SLS) sâil dĂ©passe les plafonds de ressources. Les charges sont rĂ©glementĂ©es et rĂ©parties entre le locataire et le sous-locataire en fonction des services dont chacun bĂ©nĂ©ficie selon leur usage.
Durée du contrat de sous-location
La durĂ©e de la sous-location ne peut excĂ©der la durĂ©e du bail principal. Les baux sont tacitement renouvelĂ©s. Ainsi, si le bailleur nâa pas donnĂ© congĂ©, le bail se poursuit. Le sous-locataire bĂ©nĂ©ficie alors, comme le locataire en titre, du droit au maintien dans les lieux, sauf dans les cas citĂ©s ci-dessus (personnes en difficultĂ©s, jeunes).
A lâinverse, lorsque le locataire ou le bailleur donnent congĂ©, le sous-locataire ne peut se prĂ©valoir dâaucun droit et doit alors quitter le logement. Si la location prend fin, la sous-location sâarrĂȘte Ă©galement.
5. Les baux glissants
Le dispositif des baux glissants permet au sous-locataire, dans le cadre dâun accompagnement social, de devenir le locataire en titre.
Dans un premier temps, une association chargĂ©e dâaccompagnement social loue un logement quâelle sous-loue Ă un mĂ©nage en difficultĂ© qui nâaurait pas pu fournir de garanties suffisantes pour accĂ©der seul Ă un logement. Cette association verse le loyer directement au bailleur, lui assurant ainsi la sĂ©curitĂ© du paiement.
AprÚs un temps préalablement définit, le bail « glisse » et permet au sous-locataire de devenir locataire en titre.
Pour que ce glissement puisse sâopĂ©rer, une convention doit ĂȘtre passĂ©e avec le bailleur dĂšs la signature du contrat de location initial.
Les personnes bénéficiant du DALO pourront dorénavant (article 41 de la loi ALUR) se voir proposer par la Commission de médiation, le préfet ou une décision motivée dans le cadre du relogement DALO, des logements sociaux en sous-location avec bail glissant.
La loi ALUR du 24 mars 2014, prĂ©voit la mise en place dâune convention tripartite entre bailleur social, personne morale locataire et sous-locataire.
Cette derniĂšre permet la sortie du bail glissant au profit du sous-locataire et prĂ©voit un examen pĂ©riodique afin dâĂ©valuer la situation financiĂšre du sous-locataire et sa capacitĂ© Ă assumer les obligations dĂ©coulant dâun bail Ă son nom.
En cas de refus par lâorganisme bailleur dâaccorder un bail au sous-locataire, il doit en informer le prĂ©fet dans un dĂ©lai de deux mois avant lâĂ©chĂ©ance de la pĂ©riode dâexamen et motiver sa dĂ©cision.
Toutefois, le prĂ©fet pourra dĂ©cider dâattribuer un logement au sous-locataire lui permettant de devenir occupant en titre.


