Mise Ă jour juillet 2024
Au sommaire
1. meublées
- Exigence dâun Ă©crit
- Annexes au contrat de location
- Obligations du bailleur
- Obligations du locataire
- Encadrement des loyers
- Quittance
- Clause rĂ©solutoire en cas dâimpayĂ©s de loyer
2. Dispositions particuliÚres aux locations meublées
- Durée du bail
- Inventaire du mobilier
- DépÎt de garantie
- Charges locatives
- Modalités de congé
Avant la loi ALUR (AccĂšs au Logement et un Urbanisme RĂ©novĂ©) du 24 mars 2014, il nâexistait pas de dĂ©finition lĂ©gale du logement meublĂ©. Il appartenait au juge, en vertu de son pouvoir souverain dâapprĂ©ciation, dâappliquer ou non le rĂ©gime de la location meublĂ©e Ă un logement en cas de litige.
Un logement meublĂ© est dĂ©sormais dĂ©fini comme «un logement dĂ©cent Ă©quipĂ© dâun mobilier en nombre et en qualitĂ© suffisants pour permettre au locataire dây dormir, manger et vivre convenablement au regard des exigences de la vie courante». Il doit ĂȘtre Ă©quipĂ© du mobilier nĂ©cessaire au sommeil et Ă la vie courante du locataire, ainsi quâĂȘtre pourvu de chauffage, dâune alimentation en eau et de sanitaires.
La liste des éléments que doit comporter ce mobilier est fixée par le décret n° 2015-981 du 31 juillet 2015.
La loi du 24 mars 2014 instaure un véritable statut des baux meublés, dÚs lors que le logement constitue la résidence principale du locataire :
- en rendant applicable au logement meublĂ© certaines dispositions de la loi du 6 juillet 1989 : obligations du bailleur et du locataire, encadrement des loyers, dĂ©livrance de quittance de loyers, dĂ©pĂŽt de garantie, clause rĂ©solutoire en cas dâimpayĂ©s de loyers⊠;
- en créant des dispositions particuliÚres aux locations meublées.
Les contrats de location meublĂ©e en cours Ă la date dâentrĂ©e en vigueur de la loi ALUR restent soumis au dispositif lĂ©gal antĂ©rieur, câest-Ă -dire aux dispositions des articles L. 632-1 et suivants du CCH et aux stipulations contractuelles.
Toutefois, sont immĂ©diatement applicables Ă ces contrats les dispositions relatives aux obligations du bailleur, du locataire, Ă lâindĂ©cence et aux compĂ©tences de la Commission dĂ©partementale de conciliation.
Loi pour lâAccĂšs au Logement et un Urbanisme RĂ©novĂ© (ALUR) du 24 mars 2014 :
Loi du 6 juillet 1989 : articles 6, 7, 17, 18, 20-1, 21, 25-4 et suivants
Code de la Construction et de lâHabitation : article L.632-1 et suivants
Décret n° 2013-392 du 10 mai 2013
Décret n° 2014-854 du 30 juillet 2014
Décret n°2015-981 du 31 juillet 2015
1. Dispositions communes aux locations vides et meublées
Exigence dâun Ă©crit
Le contrat de location doit ĂȘtre obligatoirement Ă©tabli par Ă©crit. La loi ALUR instaure un contrat-type, dont le contenu sera dĂ©fini par dĂ©cret.
Annexes au contrat de location
Doivent ĂȘtre annexĂ©s au contrat de bail :
- un état des lieux ;
- un dossier de diagnostic technique : diagnostic de performance énergétique,
- constat de risque dâexposition au plomb, Ă©tat mentionnant lâabsence ou la prĂ©sence dâamiante, Ă©tat de lâinstallation intĂ©rieure dâĂ©lectricitĂ© et de gaz, Ă©tat des risques naturels et technologiques (pour les zones couvertes).
Obligations du bailleur
Le bailleur est tenu de :
- remettre au locataire un logement décent ;
- dĂ©livrer au locataire le logement en bon Ă©tat dâusage et de rĂ©paration ;
- assurer la jouissance paisible du logement ;
- entretenir les locaux et procéder aux réparations autres que locatives ;
- ne pas sâopposer aux amĂ©nagements du locataire
Obligations du locataire
Le locataire est tenu de :
- payer le loyer et les charges Ă la date convenue ;
- user paisiblement des locaux ;
- répondre des dégradations ;
- prendre en charge lâentretien courant du logement ;
- laisser lâaccĂšs au logement pour la rĂ©alisation de travaux ;
- ne pas transformer les lieux ;
- sâassurer contre les risques locatifs.
Encadrement des loyers
Il existe des mĂ©canismes dâencadrement des loyers au moment de la conclusion du contrat :
DĂ©cret annuel dâencadrement des loyers
Depuis la loi ALUR, les logements meublĂ©s sont soumis, avec les logements louĂ©s vides, aux dispositions de lâarticle 18 de la loi du 6 juillet 1989, prĂ©voyant un encadrement des loyers par dĂ©cret. Ainsi, dans les zones concernĂ©es (toutes les communes du Val-de-Marne – dĂ©cret du 10 mai 2013), le loyer, lors de la mise en location dâun logement vacant, nâest plus libre (dĂ©cret du 30 juillet 2014) : il est limitĂ© au dernier loyer appliquĂ© au prĂ©cĂ©dent locataire, Ă©ventuellement rĂ©visĂ© en fonction de lâĂ©volution de lâindice de rĂ©fĂ©rence des loyers (IRL).
Cependant, lorsque le bailleur a effectuĂ© des travaux dans le logement ou que le loyer est manifestement sous-Ă©valuĂ©, le dĂ©cret dâencadrement des loyers ne sâappliquera pas(1).
Sont exclus de ce dispositif, et donc fixés librement :
- les loyers des logements faisant lâobjet dâune premiĂšre location ;
- les loyers des logements inoccupés par un locataire depuis plus de 18 mois.
Encadrement légal des loyers
La loi ALUR prĂ©voit un dispositif dâencadrement lĂ©gal des loyers dans les zones dites «tendues». Cet encadrement sera prochainement mis en Ćuvre Ă titre expĂ©rimental Ă Paris.
AprĂšs la mise en place et lâagrĂ©ment dâun observatoire local des loyers, le PrĂ©fet devra arrĂȘter, chaque annĂ©e, par catĂ©gorie de logement et par secteur gĂ©ographique, un loyer de rĂ©fĂ©rence. En zone tendue, la fixation du loyer sera libre dans la limite du loyer de rĂ©fĂ©rence majorĂ© de 20 % dĂ©fini par le PrĂ©fet.
Quittance
Le bailleur est tenu de transmettre gratuitement une quittance au locataire qui en
fait la demande. Aucun frais liĂ© Ă la gestion de lâavis dâĂ©chĂ©ance ou de la quittance
ne peut ĂȘtre facturĂ© au locataire.
Clause rĂ©solutoire en cas dâimpayĂ©s de loyer
Toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du bail pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépÎt de garantie ne produit effet que deux mois aprÚs un commandement de payer demeuré infructueux.
2. Dispositions particuliÚres aux locations meublées
Durée du bail
Le contrat de location doit ĂȘtre Ă©tabli par Ă©crit pour une durĂ©e dâun an minimum et est tacitement reconductible.
Exception :
Le bail peut ĂȘtre conclu pour une durĂ©e de neuf mois lorsque la location est consentie Ă un Ă©tudiant. Dans ce cas, la reconduction tacite ne sâapplique pas. LâĂ©tudiant doit quitter les lieux, au plus tard, au terme du contrat.
Inventaire du mobilier
Le dĂ©cret du 31 juillet 2015 dresse un inventaire des Ă©lĂ©ments que doit comporter ce mobilier (art. 2). Il est ainsi prĂ©vu que tout logement meublĂ© occupĂ© Ă titre de rĂ©sidence principale doit ĂȘtre garni au minimum des 11 Ă©lĂ©ments suivants :
- literie comprenant couette ou couverture ;
- dispositif dâoccultation des fenĂȘtres dans les piĂšces destinĂ©es Ă ĂȘtre utilisĂ©es comme chambre Ă coucher ;
- plaques de cuisson ;
- four ou four Ă micro-ondes ;
- rĂ©frigĂ©rateur et congĂ©lateur ou, au minimum, un rĂ©frigĂ©rateur dotĂ© dâun compartiment permettant de disposer dâune tempĂ©rature infĂ©rieure ou Ă©gale Ă 6°C ;
- vaisselle nécessaire à la prise des repas ;
- ustensiles de cuisine ;
- table et siĂšges ;
- étagÚres de rangement ;
- luminaires ;
- matĂ©riel dâentretien mĂ©nager adaptĂ© aux caractĂ©ristiques du logement.
Un inventaire et un Ă©tat dĂ©taillĂ© du mobilier doivent ĂȘtre Ă©tablis dans les mĂȘmes formes et en autant dâexemplaires que de parties Ă la remise et Ă la restitution des clĂ©s. Ces documents, Ă©tablis contradictoirement et de façon amiable, sont signĂ©s par les parties ou par un tiers mandatĂ©, et sont joints au contrat de location. Ils ne peuvent donner lieu Ă aucune autre facturation que celle liĂ©e Ă lâĂ©tablissement de lâĂ©tat des lieux.
Depuis le 15 septembre 2014, lorsquâun agent immobilier est mandatĂ© pour Ă©tablir un Ă©tat des lieux dâentrĂ©e, les honoraires susceptibles dâĂȘtre facturĂ©s au locataire ne peuvent excĂ©der :
- le montant payé par le bailleur,
- dans la limite de 3 ⏠TTC par mÂČ de surface habitable.
DépÎt de garantie
Le dépÎt de garantie est limité à deux mois de loyer principal (loyer hors charges).
Charges locatives
Les charges locatives accessoires au loyer principal sont récupérées par le bailleur au choix des parties et tel que prévu par le contrat de location :
- soit par provision mensuelle, faisant lâobjet dâune rĂ©gularisation annuelle ;
- soit sous la forme dâun forfait versĂ© simultanĂ©ment au loyer et ne pouvant donner lieu Ă complĂ©ment ou Ă rĂ©gularisation ultĂ©rieure. Le montant du forfait de charges est fixĂ© en fonction des dĂ©penses rĂ©elles de lâannĂ©e prĂ©cĂ©dente, voire du budget prĂ©visionnel pour les immeubles soumis au statut de la copropriĂ©tĂ©. Il peut ĂȘtre rĂ©visĂ© chaque annĂ©e aux mĂȘmes conditions que le loyer principal. Ce montant ne peut pas ĂȘtre manifestement disproportionnĂ© au regard des charges dont le locataire ou, le cas Ă©chĂ©ant, le prĂ©cĂ©dent locataire, se serait acquittĂ©.
Modalités de congé
Le locataire peut rĂ©silier le contrat Ă tout moment sous rĂ©serve de respecter un prĂ©avis dâun mois, y compris lorsque la durĂ©e du bail est rĂ©duite Ă neuf mois (Ă©tudiants).
Le bailleur peut sâopposer au renouvellement du bail et donner congĂ© au locataire, trois mois avant la fin du contrat. Ce refus doit ĂȘtre motivĂ© :
- soit par sa décision de reprendre le logement : le bailleur doit alors justifier du caractÚre réel et sérieux de sa décision de reprise ;
- soit par sa décision de vendre le logement ;
- soit par un motif lĂ©gitime et sĂ©rieux, notamment lâinexĂ©cution par le locataire de lâune de ses obligations.
A peine de nullitĂ©, le congĂ© donnĂ© par le bailleur doit indiquer le motif de rĂ©siliation et, en cas de reprise, les nom, adresse et nature de son lien avec le bĂ©nĂ©ficiaire de la reprise (le bailleur lui-mĂȘme, son conjoint, son partenaire de PACS, son concubin notoire depuis au moins un an Ă la date du congĂ©, ses ascendants, descendants ou ceux de son conjoint, de son partenaire ou concubin notoire).
En cas de contestation, le juge peut, mĂȘme dâoffice, vĂ©rifier la rĂ©alitĂ© du motif du congĂ© et le respect des obligations prĂ©vues au prĂ©sent article. Il peut notamment dĂ©clarer non valide le congĂ© si la non-reconduction du bail nâapparaĂźt pas justifiĂ©e par des Ă©lĂ©ments sĂ©rieux et lĂ©gitimes.
Le fait pour le bailleur de dĂ©livrer un congĂ© frauduleux est puni dâune amende pĂ©nale dont le montant ne peut ĂȘtre supĂ©rieur Ă 6 000 euros pour une personne physique et 30 000 euros pour une personne morale. Le montant de lâamende est proportionnĂ© Ă la gravitĂ© des faits reprochĂ©s.
Pendant le dĂ©lai de prĂ©avis, le locataire nâest redevable du loyer et des charges que pour le temps oĂč il a occupĂ© rĂ©ellement les lieux si le congĂ© a Ă©tĂ© notifiĂ© par le bailleur. Il est redevable du loyer et des charges relatifs Ă lâintĂ©gralitĂ© de la pĂ©riode couverte par le prĂ©avis si câest lui qui a notifiĂ© le congĂ©, sauf si le logement se trouve occupĂ© avant la fin du prĂ©avis par un autre locataire en accord avec le bailleur. Ă lâexpiration du dĂ©lai de prĂ©avis, le locataire est dĂ©chu de tout titre dâoccupation du logement louĂ©.
Le bailleur ne peut sâopposer au renouvellement du bail sans proposition de relogement lorsque le locataire a plus de 65 ans et que ses ressources annuelles sont infĂ©rieures au plafond en vigueur pour lâattribution des logements locatifs conventionnĂ©s.
Toutefois, cette obligation de relogement tombe si le bailleur a lui-mĂȘme plus de 65 ans ou que ses ressources sont infĂ©rieures au plafond prĂ©cĂ©demment citĂ©.
Compétence de la Commission Départementale de Conciliation (CDC) :
La CDC est dĂ©sormais compĂ©tente, depuis la loi ALUR, pour lâexamen des litiges relatifs aux logements meublĂ©s et rĂ©sultant de lâapplication des dispositions relatives aux loyers, aux congĂ©s, Ă lâĂ©tat des lieux et du mobilier, au dĂ©pĂŽt de garantie, aux charges locatives, aux rĂ©parations et aux caractĂ©ristiques de la dĂ©cence.


