Mise Ă jour Juillet 2023
Au sommaire
1. Lâacte de cautionnement
- Le formalisme
- Le non cumul avec une assurance impayé de loyers
2. La durée du cautionnement
- Lâengagement Ă durĂ©e dĂ©terminĂ©e
- Lâengagement Ă durĂ©e indĂ©terminĂ©e
3. La portĂ©e de lâengagement de la caution
- Quelles sont les obligations dâaffichage ?
- Quelles sont les conditions pour augmenter un loyer ?
- Quelles sont les exceptions Ă lâobligation de performance Ă©nergĂ©tique ?
4. Les effets du cautionnement en cas de dette de loyers
- La caution simple
- La caution solidaire
- LâĂ©tendue de lâengagement
- Les moyens de défense
- Les recours contre le locataire
5. La fin du cautionnement
Le cautionnement est lâacte par lequel « celui qui se rend caution dâune obligation se soumet envers son crĂ©ancier Ă satisfaire cette obligation, si le dĂ©biteur nây satisfait pas lui-mĂȘme » (Code civil : art. 2288).
En ce qui concerne le cautionnement dâun locataire, il sâagit notamment de sâengager Ă payer son loyer, si celui-ci ne peut faire face au paiement de sa dette. Un contrat de location doit ainsi ĂȘtre rĂ©digĂ© avec prĂ©caution et il est recommandĂ© au propriĂ©taire bailleur de rĂ©clamer au locataire la mise en place dâune caution, mĂȘme si cette derniĂšre nâest pas obligatoire. Le propriĂ©taire bailleur doit sâassurer de la solvabilitĂ© de la personne qui se porte caution et du respect du formalisme de lâengagement.
1. Lâacte de cautionnement
Quâest-ce le formalisme ?
La caution peut ĂȘtre une personne physique (parent, amis) ou une personne morale (entreprise, banque, organisme type Action Logement par exemple…).
Lâarticle 22-1 de la loi du 6 juillet 1989 qui rĂ©git lâacte de caution sâapplique Ă la fois aux locations vides et aux locations meublĂ©es Ă titre de rĂ©sidence principale.
Le cautionnement ne peut pas ĂȘtre demandĂ© par un bailleur, qui a souscrit une assurance ou tout autre forme de garantie sauf en cas de bail avec un Ă©tudiant ou un apprenti.
Comme pour le candidat locataire, la caution doit fournir au propriĂ©taire un certain nombre de piĂšces justificatives dĂ©montrant quâelle dispose de garanties financiĂšres suffisantes pour se substituer au locataire en cas dâimpayĂ©s1.
Cette liste est fixée par le décret du 5 novembre 2015 pris en application de la loi ALUR.
Rappelons quâauparavant il nâexistait aucune disposition particuliĂšre rĂ©glementant la nature des piĂšces qui peuvent ĂȘtre rĂ©clamĂ©es Ă la personne qui se porte caution lors de la signature dâun contrat de bail. Ce point relevait de la libertĂ© contractuelle(2).
Le bailleur ne peut refuser la caution prĂ©sentĂ©e au motif quâelle ne possĂšde pas la nationalitĂ© française ou quâelle ne rĂ©side pas sur le territoire mĂ©tropolitain3.
En revanche, il nâest pas interdit de refuser la caution dâune personne considĂ©rĂ©e comme nâĂ©tant pas suffisamment solvable(4).
Les engagements verbaux sont sans valeur et, comme le prĂ©cise lâarticle 2294 du Code civil, «le cautionnement doit ĂȘtre exprĂšs». Cela signifie, en particulier, que les parents ne sont pas a priori la caution de leurs enfants.
Lâacte de caution nĂ©cessite un Ă©crit. Il peut ĂȘtre Ă©tabli par acte sous seing privĂ© (acte signĂ© directement entre le bailleur et celui qui apporte sa caution) ou par acte authentique (acte rĂ©digĂ© par un notaire) ou encore par acte dâavocat (acte rĂ©digĂ© par un avocat). Lâacte de caution peut ĂȘtre Ă©tabli sur le bail ou en annexe.
Lorsque la caution est analphabĂšte ou Ă©trangĂšre, il est conseillĂ© de passer lâacte devant notaire ou devant un avocat.
Le texte peut ĂȘtre en partie imprimĂ©, mais la mention qui prĂ©cise la nature et le montant de lâengagement de la caution doit obligatoirement ĂȘtre Ă©crit de la main de la caution. Quelle que soit la forme il est conseillĂ© dâen garder une copie. Dans le cadre des baux soumis Ă la loi du 6 juillet 1989, lâacte de cautionnement doit, Ă peine de nullitĂ©, respecter certaines mentions. Le formalisme Ă©dictĂ© par lâarticle 22-1 doit ĂȘtre suivi scrupuleusement. Une simple mention portĂ©e au bas du contrat telle que « bon pour caution solidaire » nâengage pas le signataire.
La Cour de cassation a fait preuve par le passĂ© dâune extrĂȘme rigueur dans son application et considĂ©rait que lâengagement de la caution Ă©tait nul dĂšs lors que le formalisme nâest pas respectĂ© Ă la lettre, mĂȘme si la caution ne justifiait dâaucun grief ou quâelle a malgrĂ© tout eu conscience de la portĂ©e et de lâĂ©tendue de son engagement(5).
Ainsi, la caution doit faire apposer dans lâacte :
le montant du loyer et les conditions de sa rĂ©vision tels quâils figurent dans le bail ;
La caution peut mentionner une somme maximale : principal, intĂ©rĂȘts, frais et accessoires compris (mĂȘme si la dette est supĂ©rieure, il ne peut ĂȘtre demandĂ© Ă la caution un montant plus Ă©levĂ© que son engagement). Si aucun montant maximum nâest prĂ©cisĂ©, lâengagement est alors plus Ă©tendu et non chiffrable.
- une mention explicite et non Ă©quivoque de la connaissance quâelle a de la nature et de lâĂ©tendue de son engagement ;
- lâalinĂ©a 6 de lâarticle 22-1 relatif Ă la facultĂ© de rĂ©siliation unilatĂ©rale du cautionnement Ă durĂ©e indĂ©terminĂ©e ;
- sa signature(6).
Lâacte de cautionnement doit ĂȘtre datĂ©, concomitamment ou postĂ©rieurement Ă lâacte cautionnĂ©(7) et indiquer le nom du dĂ©biteur garanti(8).
Cependant, ces formalitĂ©s ne concernent que les cautionnements conclus par actes sous seings privĂ©s et non ceux reçus en la forme authentique ou encore ayant fait lâobjet dâun contreseing dâun avocat. En effet, lâacte reçu par un notaire dispense les parties de toute mention manuscrite exigĂ©e par la loi, sauf disposition contraire. Le contreseing dâun avocat dispense Ă©galement de toute mention manuscrite exigĂ©e par la loi(9).
Toutefois, la remise dâun exemplaire du bail Ă la caution sâimpose en toutes circonstances(10).
 Le non cumul avec une assurance impayé de loyers
Dans le but de favoriser lâaccĂšs au logement locatif des mĂ©nages les plus modestes, la loi du 25 mars 2009 de mobilisation pour le logement, complĂ©tĂ©e par la loi ALUR du 24 mars 2014, a limitĂ© strictement la possibilitĂ© de recourir au cautionnement pour garantir le paiement des loyers du futur locataire(11).
Dâune part, le bailleur, quâil soit une personne physique ou morale, ne peut demander, Ă peine de nullitĂ©, un cautionnement sâil a souscrit une assurance garantissant les obligations locatives du locataire ou, depuis le 27 mars 2014, date dâentrĂ©e en vigueur de la loi ALUR, toute autre forme de garantie (Ă la seule exception du dĂ©pĂŽt de garantie). Le cautionnement qui viendrait en surplus dâune autre garantie serait nul12, sauf en cas de logement louĂ© Ă un Ă©tudiant ou Ă un apprenti.
Dâautre part, les bailleurs personnes morales (autres que les sociĂ©tĂ©s civiles immobiliĂšres constituĂ©es entre parents et alliĂ©s jusquâau quatriĂšme degrĂ© inclus) ne peuvent demander un cautionnement que sâil est fourni par un organisme figurant sur une liste qui sera fixĂ©e par dĂ©cret (ce qui exclut donc le recours au cautionnement donnĂ© par les parents du locataire, jusquâĂ maintenant quasiment systĂ©matique) ou si le locataire est un Ă©tudiant ne bĂ©nĂ©ficiant pas dâune bourse dâenseignement supĂ©rieur.
Si malgrĂ© cette interdiction, qui est dâordre public, une caution est sollicitĂ©e par le bailleur, il convient dâappliquer les principes gĂ©nĂ©raux du droit des contrats Ă dĂ©faut de rĂšgle spĂ©cifique. En consĂ©quence, sous rĂ©serve de lâinterprĂ©tation des tribunaux, le cautionnement sollicitĂ© Ă tort est nul, au profit de lâassurance garantissant les obligations locatives.
En revanche, concernant la garantie des risques locatifs (GRL), lâAssociation Pour lâAccĂšs aux Garanties Locatives (APAGL) a prĂ©vu conventionnellement quâen cas de demande de mise en jeu de la GRL, lâassureur vĂ©rifiera que le bailleur nâa pas demandĂ© au locataire la caution dâun tiers. Si câest le cas, la GRL nâinterviendra pas(13).
Les engagements perpĂ©tuels sont nuls. La personne qui se porte caution pour un locataire ne peut jamais ĂȘtre engagĂ©e sans limitation de durĂ©e ou sans possibilitĂ© de se dĂ©gager. La durĂ©e de lâengagement et les possibilitĂ©s de dĂ©noncer le cautionnement dĂ©pendent de sa formulation.
Lâengagement Ă durĂ©e dĂ©terminĂ©e
Si la caution est stipulĂ©e pour une durĂ©e dĂ©terminĂ©e (par exemple pour la durĂ©e du bail en cours et de ses deux renouvellements ou reconductions tacites), elle ne peut ĂȘtre retirĂ©e avant le terme prĂ©vu.
Les parties peuvent prĂ©voir dans lâacte que certains Ă©vĂšnements mettront fin au cautionnement : par exemple, le divorce des locataires cautionnĂ©s ou le dĂ©cĂšs. Au terme prĂ©vu, mĂȘme si le bail du locataire se poursuit, lâengagement de la caution est expirĂ© et elle est dĂ©gagĂ©e de toute obligation pour les sommes dues postĂ©rieurement Ă cette date.
Lâengagement Ă durĂ©e indĂ©terminĂ©e
Si la caution est stipulĂ©e pour une durĂ©e indĂ©terminĂ©e ou sans indication de durĂ©e (exemple : la durĂ©e du bail sans prĂ©cision de durĂ©e), le cautionnement peut ĂȘtre unilatĂ©ralement rĂ©siliĂ© par la caution, Ă lâexpiration du bail ou de sa reconduction. Cette rĂ©siliation sera unilatĂ©rale et sera exprimĂ©e soit par lettre recommandĂ©e avec demande dâavis de rĂ©ception, soit par acte dâhuissier de justice.
Si la location est soumise Ă la loi de 1989 (location vide, HLM et location meublĂ©e signĂ©e Ă compter du 26 mars 2014), lâengagement de caution ne cesse quâĂ la fin de la pĂ©riode de renouvellement ou de tacite reconduction en cours.
Si la location nâest pas soumise Ă la loi de 1989 (bail meublĂ© signĂ© avant le 26 mars 2014, bail commercial), la caution est dĂ©chargĂ©e de son engagement dĂšs que le bailleur aura reçu le courrier de rĂ©siliation.
En lâabsence de toute mention au bail dâorigine prĂ©cisant lâextension du cautionnement en cas de renouvellement du bail et en lâabsence de dĂ©nonciation de son engagement, la caution ne peut soutenir quâelle ne peut ĂȘtre tenue du paiement des loyers du bail reconduit ou renouvelĂ©(14).
Attention : la loi du 6 juillet 1989 interdit de faire de la rĂ©siliation du cautionnement ou de son dĂ©faut de renouvellement un motif de mise en jeu de la clause de rĂ©siliation de plein droit, ces motifs Ă©tant limitativement fixĂ©s par la loi (impayĂ©s de loyers ou de charges, dĂ©faut dâassurance, troubles de jouissance). En dâautres termes, le bailleur ne peut pas demander la rĂ©siliation judiciaire du contrat pour dĂ©faut de cautionnement.
NĂ©anmoins, il pourra ĂȘtre prĂ©vu dans le bail lâobligation pour le locataire de fournir une caution, de la maintenir ou de la renouveler en cas de rĂ©siliation. Le dĂ©faut de respect de cette obligation pourrait constituer un motif de rĂ©siliation au sens de lâarticle 1741 du Code civil ou de motif lĂ©gitime et sĂ©rieux de congĂ© au sens de lâarticle 15 de la loi du 6 juillet 1989.
La loi vise «le cautionnement dâobligations rĂ©sultant dâun contrat de location»15. Ainsi, toutes les obligations locatives du preneur peuvent faire lâobjet dâune garantie par un cautionnement, dĂ©s lors quâelles sont expressĂ©ment mentionnĂ©es Ă lâacte de cautionnement.
Il peut sâagir, notamment :
- de lâobligation du paiement du loyer et des charges ;
- du dépÎt de garantie ;
- des réparations locatives ;
- des indemnitĂ©s dâoccupation etc.
Le cautionnement ne peut ĂȘtre Ă©tendu au-delĂ des limites pour lesquelles il a Ă©tĂ© contractĂ©. Si le cautionnement a Ă©tĂ© donnĂ© pour une dette de loyer en principal, il ne peut ĂȘtre Ă©tendu au paiement dâune indemnitĂ© dâoccupation ou de rĂ©parations locatives(16).
Si le cautionnement prĂ©voit expressĂ©ment la garantie dâautres frais incombant au locataire (pĂ©nalitĂ©s, frais de procĂ©dure, indemnitĂ©s dâoccupation) et si ces frais sont clairement identifiĂ©s, la caution sera obligĂ©e de les assurer. Ainsi, si lâacte a prĂ©vu quâelle rĂ©ponde des rĂ©parations locatives, la caution pourra ĂȘtre poursuivie pour le paiement des frais de remise en Ă©tat des lieux louĂ©s.
Pour pouvoir nĂ©anmoins lâappliquer en de telles circonstances, il faut que la clause du bail contenant lâengagement de la caution stipule clairement que celle-ci se porte solidaire du rĂšglement de toutes les sommes dues par lâoccupant en suite ou en vertu du bail, jusquâĂ lâextinction des obligations du locataire, notamment des indemnitĂ©s dâoccupation susceptibles dâĂȘtre dues, jusquâĂ la libĂ©ration des lieux et du coĂ»t des remises en Ă©tat(17).
Lorsque la caution est indĂ©finie (dont la durĂ©e ou le montant ne sont pas clairement prĂ©cisĂ©s), la personne qui sâest portĂ©e caution doit ĂȘtre informĂ©e chaque annĂ©e au moins, Ă une date convenue entre les parties ou Ă dĂ©faut Ă la date anniversaire, de lâĂ©volution du montant de la crĂ©ance garantie et de ses accessoires.
A défaut de respecter cette obligation, la caution se sera pas tenue du paiement des accessoires de la dette ni des frais de pénalités18.
Si le locataire cautionnĂ© ne paye pas ses loyers et charges, le bailleur a intĂ©rĂȘt Ă prĂ©venir du non paiement du loyer dĂšs le premier incident de paiement.
Le bailleur a quinze jours pour porter Ă la connaissance de la caution, un commandement de payer signifiĂ© au locataire. A dĂ©faut, la caution nâest pas tenue de payer les pĂ©nalitĂ©s ou intĂ©rĂȘts de retard(19).
En toute hypothĂšse, le montant des dettes rĂ©sultant du cautionnement ne peut avoir pour effet de priver la personne physique qui sâest portĂ©e caution dâun minimum de ressources.
A noter, lorsque le bailleur est un professionnel (loueur en meublé inscrit au registre du commerce et des sociétés etc.), celui-ci doit alors informer la caution du non-paiement dÚs le premier incident de paiement non régularisé dans le mois de son exigibilité (article L. 341-1 du code de la consommation).
Notons Ă©galement que, la caution qui souhaite que son engagement ne bĂ©nĂ©ficie quâĂ une personne dĂ©terminĂ©e (un bailleur dĂ©terminĂ©) doit le stipuler expressĂ©ment dans lâacte. Sinon, en cas de vente du bien, le cautionnement sera transmis automatiquement aux bailleurs successifs.
Lorsque la caution sâest engagĂ©e Ă garantir deux colocataires, la caution reste engagĂ©e au titre des obligations du locataire qui reste dans les lieux suite au dĂ©part du premier(20).
4. Les effets du cautionnement en cas de dette de loyers
La caution simple
La caution simple permet au propriĂ©taire de faire appel Ă la caution uniquement si le locataire nâest pas en mesure de payer ses dettes locatives. Il sâagit du cas oĂč la caution nâa pas renoncĂ© au bĂ©nĂ©fice de discussion21 dans son acte (dans le cas contraire, le bailleur peut sâadresser Ă la caution sans effectuer de poursuites contre le locataire).
En cas dâimpayĂ©, le propriĂ©taire doit dâabord sâadresser au locataire en lui envoyant un commandement de payer. Lâhuissier qui est chargĂ© de rĂ©diger cet acte doit en mĂȘme temps en envoyer une copie Ă la caution. Si la caution nâa pas Ă©tĂ© informĂ©e par lâhuissier, elle nâest pas tenue de payer les Ă©ventuels intĂ©rĂȘts mis Ă la charge du locataire pour paiement tardif des dettes locatives.
Si, malgrĂ© cette dĂ©marche, le locataire ne parvient pas Ă rĂ©gler ses dettes, le propriĂ©taire doit sâadresser Ă la caution. Un courrier recommandĂ© avec avis de rĂ©ception est nĂ©cessaire pour ĂȘtre en mesure de prouver que la dĂ©marche a bien Ă©tĂ© effectuĂ©e auprĂšs de la caution si cette derniĂšre refuse de se substituer au locataire dĂ©faillant.
Sâil y a plusieurs cautions simples (en cas de pluralitĂ© de locataires notamment), le propriĂ©taire doit rĂ©clamer Ă chacune la partie de la dette pour laquelle elle sâest engagĂ©e (dans lâhypothĂšse oĂč la caution nâa pas renoncĂ© au bĂ©nĂ©fice de division(21).
La caution solidaire
La caution solidaire permet au propriĂ©taire de faire appel directement Ă la caution dĂšs le premier impayĂ©, sans mĂȘme passer par le locataire et donc sans mĂȘme rechercher si celui-ci pourrait payer. Autrement dit, peu importe si le locataire ne peut ou ne veut pas payer sa dette.
Il sâagit ici du cas oĂč la caution Ă renoncĂ© au bĂ©nĂ©fice de discussion.
Le propriĂ©taire doit sâadresser Ă la caution de prĂ©fĂ©rence par lettre recommandĂ©e avec avis de rĂ©ception.
Sâil y a plusieurs cautions solidaires, le propriĂ©taire peut rĂ©clamer la totalitĂ© de la dette du locataire Ă une seule de ces cautions en choisissant celle qui est la plus solvable (par exemple, celle qui prĂ©sente le salaire le plus consĂ©quent).
Dans cette hypothÚse la caution a dû renoncer au bénéfice de division dans son acte22. Dans cette hypothÚse, la caution qui a acquitté la dette, a recours contre les autres cautions, chacune pour sa part et portion(23).
LâĂ©tendue de lâengagement
La caution qui est donnĂ©e engage tous les biens personnels, revenus, salaires, pensions, ainsi que le logement de la personne. Si le locataire ne rembourse pas sa dette, le logement de la personne qui sâest engagĂ©e comme caution peut ĂȘtre mis en vente Ă lâinitiative du bailleur crĂ©ancier. Elle peut ĂȘtre privĂ©e de la majeure partie de ses ressources (sauf un minimum Ă©gal au Revenu de SolidaritĂ© Active).
- Si la caution est mariĂ©e sans contrat, sous le rĂ©gime lĂ©gal, le bailleur crĂ©ancier exigera probablement que le conjoint donne son consentement exprĂšs Ă lâacte de caution : les biens personnels et les biens communs du mĂ©nage, notamment le logement de la famille, sâil dĂ©pend de la communautĂ©, sont engagĂ©s.
Les biens personnels du conjoint seront en principe épargnés : par sécurité, il est conseillé de le préciser.
Si le conjoint ne donne pas son accord exprÚs, seuls les biens personnels et les revenus de la caution sont engagés.
- Si la caution est mariĂ©e sous le rĂ©gime de la sĂ©paration de biens, seuls ses propres biens et revenus sont engagĂ©s et le conjoint ne pourra pas ĂȘtre inquiĂ©tĂ©.
- Si la caution est liĂ©e par un PACS, les biens personnels du partenaire ne seront engagĂ©s que sâil donne son consentement Ă lâacte de caution. Toutefois, sauf dispositions contraires de lâacte de vente ou de la convention dâindivision, les biens achetĂ©s aprĂšs conclusion du PACS sont prĂ©sumĂ©s appartenir par moitiĂ© aux deux partenaires; ils pourraient donc ĂȘtre engagĂ©s.
Les moyens de défense
AprĂšs avoir vĂ©rifiĂ© la validitĂ© de son engagement (pas de nullitĂ© de lâacte, durĂ©e en coursâŠ), la caution peut bĂ©nĂ©ficier des mĂȘmes recours que le locataire dĂ©biteur.
Le locataire peut, en effet, avoir des raisons lĂ©gales de refuser de payer. Ainsi, il peut â et la caution Ă©galement â refuser de payer un reliquat de charges non justifiĂ©es, ne pas donner suite Ă une augmentation de loyer supĂ©rieure Ă celle de lâindice lĂ©gal, contester les frais de remise en Ă©tat qui lui sont imputĂ©s, contester le paiement dâune dette aprĂšs le dĂ©lai de prescription de 5 ansâŠ
Si la caution nâest pas en mesure de payer ce qui est dĂ», elle peut comme tout dĂ©biteur en difficultĂ©, demander des dĂ©lais de paiement au juge24. Ces dĂ©lais peuvent atteindre deux ans.
La caution, personne physique de bonne foi, dans lâimpossibilitĂ© manifeste de faire face Ă lâengagement quâelle a donnĂ© de cautionner ou dâacquitter solidairement la dette, peut Ă©galement bĂ©nĂ©ficier de la procĂ©dure de surendettement25.
En outre, si le locataire dĂ©biteur dĂ©pose lui-mĂȘme un dossier Ă la commission de surendettement, le cautionnement doit ĂȘtre dĂ©clarĂ© Ă la commission par le bailleur crĂ©ancier qui doit aussi indiquer si la caution a Ă©tĂ© engagĂ©e. La commission qui constate le cautionnement doit informer la caution de lâouverture de cette procĂ©dure et cette derniĂšre pourra lui faire connaĂźtre ses observations.
Les recours contre le locataire
Si le locataire sâavĂšre solvable, la caution qui a payĂ© Ă sa place la dette locative bĂ©nĂ©ficie des mĂȘmes droits que le crĂ©ancier initial vis-Ă -vis du locataire. Elle peut intenter une action directe contre le locataire dĂ©biteur en le poursuivant par les moyens lĂ©gaux dĂšs que le propriĂ©taire sâest retournĂ© contre elle (saisie immobiliĂšre, saisie sur salaire, demande de rĂ©siliation de bail, injonction etc.)(26).
Si elle est poursuivie par le bailleur en paiement de la dette, elle peut agir contre le locataire dĂ©biteur mĂȘme avant dâavoir payĂ©. Elle doit forcer le locataire Ă intervenir dans la procĂ©dure en lâappelant en garantie.
La caution peut se retourner contre le débiteur afin de se faire rembourser les sommes payées à sa place pendant un délai de 10 ans.
5. La fin du cautionnement
 La fin du cautionnement
- au terme prĂ©vu dans lâacte de caution sâil est stipulĂ© Ă durĂ©e dĂ©terminĂ©e ;
- Ă lâexpiration du bail au cours duquel la caution a rĂ©siliĂ© son engagement si la durĂ©e de ce dernier nâĂ©tait pas prĂ©cisĂ©e ;
- au dĂ©part du locataire Ă la fin de son prĂ©avis en cas de congĂ© (reste redevable dâĂ©ventuelles dettes antĂ©rieures) ;
- au décÚs du débiteur garanti, si le contrat principal disparaßt avec lui ;
- au dĂ©cĂšs de la caution, si lâacte le prĂ©voit ; dans le cas contraire, ses hĂ©ritiers sont en principe tenus de payer ;
- en cas de changement de bailleur si une clause prévoit la cessation du cautionnement.
(1)Loi ALUR du 24 mars 2014.
(2)Rép. Min. n° 23485: JOAN 15 février 1999.
(3)Loi du 6 juillet 1989 : art. 22-1, al. 3.
(4)Code civil : art. 2295.
(5)Cass. 3Ăšme civ., 8 mars 2006
(6)Cass. 1Ăšre civ., 2 juillet 1996.
(7)CA Paris, 6Ăšme ch., sect. A, 8 mars 1988.
(8)Cass. 1Ăšre civ., 22 avril 1992.
(9)L. n° 71-1130, 31 décembre 1971, art. 66-3-1 à 66-3-3.
(10)Cass. 3Ăšme civ., 9 juillet 2008.
(11)L. n° 89-462, 6.07.89, art. 22-1, al. 1 à 4.
(12)L. n° 89-462, 6.07.89, art. 22-1.
(13)Rép.min n°12456 : JO Sénat du 6 mai 2010.
(14)Cass. 3Ăšme civ., 13 juillet 2005.
(15)Loi du 6 juillet 1989 : art. 22-1.
(16)Cass. 1Úre civ., 15 décembre 1998; Cass. 3Úme civ., 30 octobre 2012.
(17)Cass. 1Ăšre civ., 7 mars 2006 ; Cass. 1Ăšre civ., 14 juin 2007.
(18)Code civil : art. 2293.
(19)Loi du 6 juillet 1989 : art.24.
(20)CA Nancy, 2Ăšme ch., 3 juin 2002.
(21)Termes dĂ©finis dans lâencadrĂ© page 11.
(22)Code civil : art.2302 et 2303.
(23)Code civil : art.2310.
(24)Code civil : art. 1244.
(25)Code de la consommation : art. L. 330-1.
(26)Code civil : art.2305, 2306 et 2309. »


