Mise Ă  jour 08/2023

Au sommaire

1. Les conditions d’admission de la demande de logement

  • Les conditions relatives Ă  la personnalitĂ© des bĂ©nĂ©ficiaires
  • Les conditions de ressources

2. L’enregistrement de la demande

  • Le numĂ©ro d’enregistrement unique
  • Les lieux et systĂšmes d’enregistrement

3. Les modalitĂ©s d’attribution

  • Les rĂ©servations
  • La procĂ©dure d’attribution

Les logements locatifs sociaux font l’objet d’une convention avec l’Etat, ouvrant droit Ă  l’Aide PersonnalisĂ©e au Logement (APL). Ils sont louĂ©s Ă  titre de rĂ©sidence principale (au moins 8 mois par an), Ă  un prix modĂ©rĂ©.

Les logements locatifs sociaux sont loués à des ménages disposant de revenus modestes ou faibles, inférieurs à des plafonds de ressources définis en fonction du type de financement (PLAI, PLUS, PLS1), de la composition familiale et de la zone géographique dans laquelle ils sont situés.

Ils sont financĂ©s par des subventions (Etat, collectivitĂ©s locales, et Action logement) et/ou des prĂȘts privilĂ©giĂ©s (Caisse des DĂ©pĂŽts et Consignations, Action logement, secteur bancaire pour certains PLS), et rĂ©alisĂ©s ou acquis par un bailleur social (Office public de l’habitat -OPH, Entreprise sociale pour l’habitat – ESH, SociĂ©tĂ© d’économie mixte -SEM, communes, associations agréées).

Les rĂšgles d’attribution des logements locatifs sociaux ont fait l’objet d’évolutions lĂ©gislatives au cours des 15 derniĂšres annĂ©es :

  • La loi de lutte contre les exclusions (29 juillet 1998) a introduit un mĂ©canisme d’enregistrement dĂ©partemental unique des demandes de logements locatifs sociaux ainsi qu’un recours devant une commission de mĂ©diation en cas d’absence d’offre de logement ;
  • La loi instituant le droit au logement opposable et portant diverses mesures en faveur de la cohĂ©sion sociale (5 mars 2007) a instaurĂ© un droit au logement garanti par l’Etat pour les personnes qui ne peuvent accĂ©der par leurs propres moyens Ă  un logement dĂ©cent et indĂ©pendant, et dont la situation rĂ©pond Ă  certains critĂšres (DALO) ;
  • La loi de mobilisation pour le logement et contre l’exclusion (25 mars 2009) rĂ©forme les modalitĂ©s de l’enregistrement dĂ©partemental unique de la demande et la protection du droit au maintien dans les lieux en introduisant de nouveaux cas de remise en cause de ce droit ;
  • La loi pour l’accĂšs au logement et un urbanisme rĂ©novĂ©, dite ALUR, (26 mars 2014) simplifie la demande de logement social notamment grĂące au dossier unique qui pourra ĂȘtre dĂ©posĂ© sur internet.
  • La loi ELAN de 2018.

Cette note juridique a pour objet de faire le point sur la réglementation de la demande et des attributions de logements sociaux aprÚs ces réformes.

1. Les conditions d’admission de la demande

Les conditions relatives à la personnalité des bénéficiaires

Les personnes physiques
Elles sont de nationalitĂ© française, ou admises Ă  sĂ©journer rĂ©guliĂšrement sur le territoire français dans des conditions de permanence dĂ©finies par arrĂȘtĂ©.
Pour les personnes de nationalitĂ© française, la production d’une piĂšce d’identitĂ© (carte nationale d’identitĂ©, passeport) est exigĂ©e pour chacune des personnes majeures Ă  loger. Pour les enfants mineurs, le document Ă  produire peut ĂȘtre le livret de famille ou l’acte de naissance.
Les citoyens de l’Union europĂ©enne, les ressortissants d’un autre Etat partie Ă  l’accord sur l’Espace Ă©conomique europĂ©en ou de la ConfĂ©dĂ©ration suisse, doivent remplir les conditions exigĂ©es pour bĂ©nĂ©ficier d’un droit de sĂ©jour et satisfaire Ă©galement Ă  la condition de permanence. (code de l’entrĂ©e et du sĂ©jour et du droit d’asile : art L121-1)
Pour les étrangers non communautaires, le titre de séjour en cours de validité, ou le récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour, est exigé pour toutes les personnes majeures qui vivront dans le logement.

Les personnes morales
Les organismes HLM peuvent louer, meublés ou non, des logements à certaines
personnes morales.
La loi de mobilisation pour le logement et contre l’exclusion du 25 mars 2009 a prĂ©cisĂ© et Ă©largi la liste de ces personnes morales. Il s’agit par exemple d’associations agréées pour le logement des personnes dĂ©favorisĂ©es, la sous-location Ă  titre temporaire Ă  des personnes ĂągĂ©es, des personnes prĂ©sentant un handicap, des jeunes de moins de trente ans, ou encore des CROUS et des Centres Communaux d’Action Sociale (CCAS).

Les conditions de ressources

Les plafonds de ressources
Les logements HLM sont rĂ©servĂ©s Ă  des personnes physiques dont les ressources n’excĂšdent pas, pour l’ensemble des personnes vivant au foyer, des plafonds fixĂ©s par arrĂȘtĂ© selon la catĂ©gorie du mĂ©nage et la zone d’implantation du logement. Ces plafonds sont rĂ©visĂ©s annuellement au 1er janvier en fonction de l’évolution de l’indice de rĂ©fĂ©rence des loyers (IRL).
Le montant des ressources pris en compte au cours d’une annĂ©e donnĂ©e est Ă©gal Ă  la somme des revenus fiscaux de rĂ©fĂ©rence de chaque personne composant le mĂ©nage au titre de l’avant-derniĂšre annĂ©e prĂ©cĂ©dant celle de la signature du contrat de location (ressources N-2).
Toutefois, il est tenu compte des revenus de l’annĂ©e n-1 ou des revenus des douze derniers mois, s’ils sont infĂ©rieurs d’au moins 10 % Ă  ceux de l’annĂ©e n-2. Les dĂ©penses engagĂ©es pour l’hĂ©bergement du conjoint ou du partenaire du PACS dans un Ă©tablissement d’HĂ©bergement pour personnes ĂągĂ©es dĂ©pendantes (EHPAD) sont prises en compte pour dĂ©finir le niveau des ressources. La limite des dĂ©penses retenues sera prĂ©cisĂ©e par dĂ©cret en application de la loi ALUR.

Cas particuliers
Le ménage en instance de divorce
DĂ©sormais, lorsqu’une demande est formulĂ©e par un seul des conjoints engagĂ©s dans une procĂ©dure de divorce, les revenus Ă  prendre en compte sont ceux du seul conjoint faisant effectivement acte de candidature. La situation est attestĂ©e

  •  par une ordonnance de non conciliation ;
  • Ă  dĂ©faut par une copie de l’acte de saisine du Juge aux affaires familiales (JAF),
  • lorsque le demandeur est dans une situation d’urgence attestĂ©e par une dĂ©cision du juge soit au titre des mesures urgentes dans une procĂ©dure de divorce (par exemple : autorisation de rĂ©sidence sĂ©parĂ©e donnĂ©e Ă  l’époux demandeur), soit par une mesure conservatoire : apposition de scellĂ©s sur les biens communs (Code civil : art. 257) ou encore par le prononcĂ© de mesures urgentes ordonnĂ©es par le juge des affaires matrimoniales (Code civil : art. 220-1, al. 3) : en cas de violences conjugales, rĂ©sidence sĂ©parĂ©e des Ă©poux avec mention de l’époux qui continuera Ă  rĂ©sider dans le logement conjugal.

De mĂȘme, en cas de divorce par consentement mutuel, les ressources du seul demandeur sont prises en considĂ©ration pour l’accĂšs au logement social.
Dans tous les cas, l’existence d’un bail au nom du couple ne fait plus obstacle Ă  l’attribution d’un logement au bĂ©nĂ©fice de l’un des conjoints en instance de divorce. Enfin, si une demande dĂ©posĂ©e par l’un des membres du couple avant la sĂ©paration, mentionne l’autre membre du couple parmi les personnes Ă  loger, l’anciennetĂ© de cette demande est conservĂ©e lorsque celui-ci se substitue au demandeur initial. Il en est de mĂȘme si le demandeur initial maintient sa propre demande et que l’autre membre du couple dĂ©pose une autre demande. La situation des concubins n’est pas envisagĂ©e car chaque membre du couple est imposĂ© sĂ©parĂ©ment.

Les partenaires pacsés en cours de rupture (loi ELAN art 113/ CCH : L441-1)

Lorsque la demande est formulĂ©e par un seul des partenaires pacsĂ©s Ă  l’occasion d’une rupture, les revenus Ă  prendre en compte sont ceux du seul partenaire qui fait acte de candidature. La situation est attestĂ©e par la dĂ©claration de la rupture Ă  l’officier de l’état civil ou au notaire.
L’existence d’un bail au nom des membres du PACS ne fait plus obstacle Ă  l’attribution d’un logement au bĂ©nĂ©fice de l’un des deux partenaires. Enfin, si une demande dĂ©posĂ©e par l’un des membres du couple avant la sĂ©paration, mentionne l’autre membre du couple parmi les personnes Ă  loger, l’anciennetĂ© de cette demande est conservĂ©e lorsque celui-ci se substitue au demandeur initial. Il en est de mĂȘme si le demandeur initial maintient sa propre demande et que l’autre membre du couple dĂ©pose une autre demande.

Les personnes victimes de violences conjugales au sein d’un couple

Lorsque la demande est formulĂ©e Ă  la suite de violences conjugales au sein d’un couple, les revenus Ă  prendre en compte sont ceux de la personne faisant effectivement acte de candidature au logement social. La situation est attestĂ©e par le rĂ©cĂ©pissĂ© du dĂ©pĂŽt de plainte par la victime. Cette disposition ne vise que les couples mariĂ©s et les titulaires d’un Pacs car ils sont soumis Ă  une imposition commune. La situation des concubins n’est pas envisagĂ©e car chaque membre du couple est imposĂ© sĂ©parĂ©ment.
Pour les personnes mariĂ©es ou pacsĂ©es, l’existence d’un bail au nom de l’un des membres du couple ne fait plus obstacle Ă  l’attribution d’un logement.
Enfin, si une demande dĂ©posĂ©e par l’un des membres du couple avant la sĂ©paration, mentionne l’autre membre du couple parmi les personnes Ă  loger, l’anciennetĂ© de cette demande est conservĂ©e lorsque celui-ci se substitue au demandeur initial. Il en est de mĂȘme si le demandeur initial maintient sa propre demande et que l’autre membre du couple dĂ©pose une autre demande.

Plafonds de ressources en 2023 :

PLAIPLUS
Catégorie de ménagesParis et communes limitrophesIle-de-France hors Paris et communes limitrophesParis
et communes limitrophes
Ile-de-France hors Paris
et communes limitrophes
1 - Une personne seule13.84512 84525 16525 165
2 - Deux personnes ne comportant aucune personne à charge à l'exclu- -sion des jeunes ménages22 56722 56737 61137 611
3 - Trois personnes ou une personne seule avec une personne à charge ou jeune ménage sans personne à charge29 58127 12649 30345 210
4 - Quatre personnes ou une per- sonne seule avec trois personnes Ă  charge32 38029 78458 86554 154
5 - Cinq personnes ou une personne seule avec trois personnes Ă  charge38 51835 26170 03664 108
6 - Six personnes ou une personne seule avec quatre personnes Ă  charge43 34739 67878 80972 142
Personne supplémentaire4 8294 4198 0386 273

Les financements PLS et PLI ouvrent droit à d’autres plafonds de ressources : http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/F869.xhtml

Les dérogations aux plafonds de ressources

Plusieurs types de dérogations aux plafonds de ressources existent :

  • La possibilitĂ© est ouverte aux bailleurs HLM et aux SEM de modifier les conventions APL pour adapter l’offre de logements aux ressources du locataire. Le bailleur peut loger dans des logements PLUS des locataires ayant des ressources de niveau PLAI avec une baisse de En contrepartie, une majoration de loyer pourra ĂȘtre appliquĂ©e dans des logements financĂ©s avec du PLAI et occupĂ©s provisoirement par des locataires ayant des ressources de niveau PLUS (CCH : R 353-70 et Flash DGALN n° 25-2011).
  • Lorsqu’il y a une convention de dĂ©lĂ©gation des aides Ă  la pierre (loi du 08.2004), celle-ci peut prĂ©voir des majorations aux plafonds de ressources dans la limite d’un dĂ©passement de 30 %, afin de favoriser la mixitĂ© sociale.
  • Les organismes HLM signataires d’une convention d’utilitĂ© sociale avec l’Etat peuvent dĂ©roger aux plafonds de ressources dans le respect des orientations du PLH, Programme Local de l’Habitat (L.445-3, R 445-8), notamment en vue de favoriser la mixitĂ© sociale.
  • Afin de rĂ©soudre des problĂšmes graves de vacance de logement et favoriser la mixitĂ© sociale, le prĂ©fet peut fixer des rĂšgles dĂ©rogeant localement et temporairement aux plafonds de ressources, dans les grands ensembles et les quartiers des zones urbaines sensibles (ZUS).
  • Afin de favoriser le dĂ©veloppement d’une offre de logements en faveur des Ă©tudiants, les organismes HLM sont autorisĂ©s Ă  louer leurs logements, meublĂ©s ou non, Ă  un ou plusieurs Ă©tudiants sans condition de ressources.

2.  L’enregistrement de la demande

Le numĂ©ro d’enregistrement unique

La demande

Toutes les demandes sont enregistrĂ©es dans le systĂšme national d’enregistrement (SNE), qu’elles soient prĂ©sentĂ©es par une personne Ă  un service enregistreur (voir ci-dessous «Lieux et systĂšmes d’enregistrement»), ou enregistrĂ©es directement par le demandeur par voie Ă©lectronique (http://www.demande-loge- ment-social.gouv.fr)

Chaque demande donne lieu Ă  la dĂ©livrance d’un numĂ©ro unique d’enregistrement. Cette demande est dĂ©posĂ©e au moyen d’un formulaire entrĂ© en vigueur le 1er octobre 2010. Depuis le 28 mars 2011, la demande de logement social est devenue rĂ©gionale en Ile-de-France. Une seule inscription suffit auprĂšs d’un guichet enregistreur.

Elle fait ensuite l’objet d’un enregistrement dĂšs lors que le demandeur est en mesure de fournir les informations prĂ©vues dans le formulaire. Aucune condition de rĂ©sidence prĂ©alable dans la commune ne peut ĂȘtre opposĂ©e au demandeur pour le dĂ©pĂŽt de sa demande.

La loi ALUR prévoit que les piÚces justificatives associées au dossier de demande et servant à son instruction soient déposées en un seul exemplaire. Elles sont enregistrées dans le SNE et accessibles aux personnes ayant accÚs aux données nominatives du systÚme.

L’attestation d’enregistrement de la demande est dĂ©livrĂ©e dans le dĂ©lai d’un mois Ă  compter de son dĂ©pĂŽt. Elle comporte dĂ©sormais la liste des bailleurs de logements sociaux et des organismes agréés disposant d’un patrimoine sur les communes demandĂ©es. Il en est de mĂȘme Ă  l’occasion de tout renouvellement ou toute modification de la demande. L’attestation comporte notamment le numĂ©ro d’enregistrement, la durĂ©e de validitĂ©, les modalitĂ©s de renouvellement et de radiation de la demande.

La durée de validité de la demande

La durĂ©e de validitĂ© de la demande est d’un an Ă  compter de sa prĂ©sentation initiale ou le cas Ă©chĂ©ant de son dernier enregistrement. Un mois au moins avant la date d’expiration de la validitĂ© de la demande, le demandeur reçoit une notification l’informant de la date Ă  laquelle sa demande cessera d’ĂȘtre valide, de la nĂ©cessitĂ© de la renouveler avant l’expiration de ce dĂ©lai, et prĂ©cisant que le dĂ©faut de renouvellement vaut radiation. Cette notification peut ĂȘtre effectuĂ©e par voie Ă©lectronique si le demandeur a acceptĂ© cette modalitĂ©, ou par tout autre moyen permettant d’attester de sa remise.

Le renouvellement est effectuĂ© Ă  partir du formulaire de demande en actualisant les informations fournies lors du dĂ©pĂŽt initial de la demande, ou lors du prĂ©cĂ©dent renouvellement. Il est rĂ©alisĂ© auprĂšs de tout lieu d’enregistrement de la demande. Toute mise Ă  jour ou correction Ă©ventuelle est effectuĂ©e en conservant la date de dĂ©pĂŽt initial de la demande, ou lors du prĂ©cĂ©dent renouvellement. L’attestation du renouvellement de la demande est remise au demandeur dans les mĂȘmes conditions que la demande initiale.

La gratuité de la demande

A l’occasion de la demande d’attribution d’un logement social, le bailleur ne peut rĂ©clamer au demandeur le paiement de frais Ă  quelque titre que ce soit.

Le droit Ă  information des demandeurs

Toute personne susceptible de demander un logement social bĂ©nĂ©ficie d’un droit Ă  l’information sur :

  • les modalitĂ©s de dĂ©pĂŽt de la demande ;
  • les piĂšces justificatives pouvant ĂȘtre exigĂ©es ;
  • les caractĂ©ristiques du parc social dans les secteurs qui l’intĂ©ressent ;
  • le niveau de satisfaction des demandes exprimĂ©es sur ces secteurs.

L’information sur les donnĂ©es le concernant et qui sont enregistrĂ©es dans le systĂšme national, ainsi que sur les principales Ă©tapes du traitement de sa demande.

Le plan partenarial de gestion de la demande de logement social et d’information des demandeurs

Toute intercommunalitĂ© dotĂ©e d’un PLH devra Ă©laborer un Plan partenarial de gestion de la demande de logement social et d’information des demandeurs (PPGDLSID). En l’absence de plan, le prĂ©fet de dĂ©partement pourra se charger de son Ă©laboration. Ce plan, auquel sont associĂ©s les communes et un reprĂ©sentant  des organismes bailleurs, dĂ©finit les orientations destinĂ©es Ă  assurer la gestion partagĂ©e des demandes de logement social et Ă  satisfaire au droit Ă  l’information des demandeurs. Il fixera le dĂ©lai maximal dans lequel tout demandeur qui le souhaite doit ĂȘtre reçu aprĂšs l’enregistrement de sa demande de logement social. Ce dĂ©lai ne peut excĂ©der un mois, sauf dans les zones d’urbanisation continue de plus de 50 000 habitants (CGI : art 232), oĂč il peut ĂȘtre portĂ© Ă  2 mois.

Un dĂ©cret en Conseil d’Etat prĂ©cisera les modalitĂ©s d’application de ce dispositif.

Les lieux et systùmes d’enregistrement

Les organismes compétents pour enregistrer les demandes

Les organismes HLM et les SociĂ©tĂ©s d’Economie Mixte disposant d’un patrimoine locatif, les services de l’Etat dĂ©signĂ©s par le prĂ©fet, ainsi que le DĂ©partement, les communes ou les Ă©tablissements publics de coopĂ©ration communale (EPCI) lorsqu’ils ont pris une dĂ©libĂ©ration Ă  cet effet sont des lieux d’enregistrement des demandes de logement locatif social.

La liste des acteurs ayant la possibilitĂ© d’ĂȘtre service enregistreur des demandes est Ă©largie par la loi ALUR Ă  tout service commun d’enregistrement placĂ© sous la responsabilitĂ© des personnes morales dĂ©signĂ©es jusqu’ici comme service d’enregistrement (bailleurs sociaux, collectivitĂ©s territoriales ou EPCI
) ainsi qu’à tout Service intĂ©grĂ© d’accueil et d’orientation (SIAO).

Les organismes collecteurs d’Action Logement (CIL), lorsqu’ils disposent de rĂ©servations de logements deviennent services d’enregistrement des demandes qui leur sont adressĂ©es.

Les services chargĂ©s d’enregistrer les demandes doivent passer convention avec un ou plusieurs bailleurs pour leur adresser les demandes afin de s’assurer qu’elles soient traitĂ©es.

La radiation d’une demande du fichier d’enregistrement

La radiation ne peut intervenir que pour l’un des motifs suivants :

  • attribution d’un logement au demandeur. La signature du bail entraĂźne de plein droit la radiation de la demande ;
  • renonciation Ă©crite du demandeur ;
  • irrecevabilitĂ© de la demande au regard des conditions lĂ©gislatives et rĂ©glementaires d’accĂšs au logement social ;
  • absence de rĂ©ponse du demandeur Ă  un courrier envoyĂ© Ă  la derniĂšre adresse indiquĂ©e par l’intĂ©ressĂ© ;
  • non renouvellement de la demande aprĂšs un dĂ©lai d’un an constatĂ© par le

Dans les deux derniers cas, un avertissement est effectuĂ© par lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception ou tout autre moyen permettant d’attester de la remise. La radiation intervient un mois aprĂšs cet avertissement, sans rĂ©ponse de la part du demandeur.

3. Les modalitĂ©s d’attribution Les critĂšres d’attribution

Les critÚres généraux

(CCH : L.441 et R.441-3 et arrĂȘtĂ© du 10.3.11)
Pour l’attribution de logements locatifs sociaux, il est tenu compte du patrimoine, de la composition, du niveau de ressources et des conditions de logement actuelles du mĂ©nage, de l’Ă©loignement des lieux de travail et de la proximitĂ© des Ă©quipements rĂ©pondant aux besoins des demandeurs. Est ajoutĂ©e Ă  cette liste un nouveau critĂšre de prioritĂ© : la mobilitĂ© gĂ©ographique liĂ©e Ă  l’emploi (EC : art. 70, I). Il est Ă©galement tenu compte de l’activitĂ© professionnelle des membres du mĂ©nage lorsqu’il s’agit d’assistants maternels ou d’assistants familiaux agréés. Les ressources font, dans certaines situations, l’objet d’une apprĂ©ciation particuliĂšre

Les critÚres de priorité

(ELAN : art. 114 / CCH : L.441-1 et R.441-4)
La liste des personnes prioritaires est modifiĂ©e. Les critĂšres de prioritĂ© font l’objet d’une réécriture en incluant ceux prĂ©vus par la loi DALO (loi n° 2007-290 du 5.3.07) et la loi Besson (loi n° 90-449 du 31.5.90). Cette liste vaut pour les attributions, les accords collectifs, la convention intercommunale d’attribution et le PDALHPD.

Les logements sont attribuĂ©s prioritairement Ă  des personnes bĂ©nĂ©ficiant d’une dĂ©cision favorable au titre du DALO, ainsi qu’aux catĂ©gories de personnes suivantes :

  • en situation de handicap telle que dĂ©finie Ă  l’article L.114 du Code de l’action sociale et des familles, ou aux familles ayant Ă  leur charge une telle personne ;
  • mal logĂ©es ou dĂ©favorisĂ©es et rencontrant des difficultĂ©s particuliĂšres de logement pour des raisons d’ordre financier ou tenant Ă  leurs conditions d’existence. Les personnes confrontĂ©es Ă  un cumul de difficultĂ©s financiĂšres et de difficultĂ©s d’insertion sociale sont ajoutĂ©es Ă  cette catĂ©gorie ;
  • hĂ©bergĂ©es ou logĂ©es temporairement dans un Ă©tablissement ou un logement de transition ;
  • reprenant une activitĂ© aprĂšs une pĂ©riode de chĂŽmage de longue durĂ©e (la condition liĂ©e au fait qu’elles soient mal logĂ©es n’étant plus nĂ©cessaire) ;
  • vivant maritalement ou liĂ©es par un PACS et justifiant de violences au sein du couple ou entre les partenaires, sans que la circonstance que le conjoint ou le partenaire liĂ© par un PACS bĂ©nĂ©ficie d’un contrat de location au titre du logement occupĂ© par le couple puisse y faire obstacle. Les personnes menacĂ©es de mariage forcĂ© sont ajoutĂ©es Ă  cette catĂ©gorie ;
  • engagĂ©es dans le parcours de sortie de la prostitution et d’insertion sociale et professionnelle (CASF : L.121-9) ;
  • victimes de l’une des infractions de traite des ĂȘtres humains ou de proxĂ©nĂ©tisme (CP : 225- 4-1 Ă  225-4-6 et 225-5 Ă  225-10).

Les accords collectifs relatifs aux attributions

Les accords collectifs départementaux
Le prĂ©fet conclut tous les trois ans un accord collectif avec les organismes HLM disposant d’un patrimoine locatif social dans le dĂ©partement. Les reprĂ©sentants des organismes titulaires de droits de rĂ©servation sur des logements inclus dans ce patrimoine peuvent ĂȘtre signataires de l’accord.

Cet accord dĂ©finit pour chaque organisme un engagement annuel quantifiĂ© d’attribution de logements aux personnes connaissant des difficultĂ©s Ă©conomiques et sociales, et prĂ©voit les moyens d’accompagnement et les dispositions nĂ©cessaires Ă  la mise en Ɠuvre et au suivi de ces objectifs.

Il doit respecter la mixitĂ© sociale des villes et des quartiers, et tenir compte des capacitĂ©s d’accueil et des conditions d’occupation des immeubles constituant le patrimoine des diffĂ©rents organismes par secteur gĂ©ographique.

Une commission chargĂ©e d’examiner les dossiers des demandeurs de logement social concernĂ©s par l’accord collectif dĂ©partemental est créée. Sans se substituer aux dĂ©cisions des commissions d’attribution, la commission de coordination Ă©met un avis quant Ă  l’opportunitĂ© d’attribuer un logement dans le parc social situĂ© dans le ressort du territoire de l’établissement public.

Les accords collectifs intercommunaux
Les EPCI compĂ©tents en matiĂšre d’habitat et disposant d’un Programme local de l’habitat adoptĂ© ont dĂ©sormais la possibilitĂ© de proposer aux organismes disposant d’un patrimoine locatif social dans leur ressort territorial, de conclure pour trois ans un accord collectif intercommunal.

Les réservations

Les bĂ©nĂ©ficiaires des rĂ©servations de logements peuvent ĂȘtre l’Etat, les collectivitĂ©s territoriales, leurs Ă©tablissements publics, les Ă©tablissements publics de coopĂ©ration intercommunale, les employeurs, les collecteurs de la participation des employeurs Ă  l’effort de construction, les chambres de commerce et d’industrie et les organismes Ă  caractĂšre dĂ©sintĂ©ressĂ©.

Le prĂ©fet dispose d’un droit de rĂ©servation au profit des personnes prioritaires, mal logĂ©es ou dĂ©favorisĂ©es, notamment au titre du DALO, sans contrepartie.

Ce droit de rĂ©servation ne peut pas porter, sauf dĂ©rogation, sur plus de 30 % du total des logements de chaque organisme, dont 5 % maximum au bĂ©nĂ©fice des agents civils et militaires de l’Etat.

Une convention entre l’Etat et l’organisme HLM prĂ©cise les conditions de rĂ©servation.

Le prĂ©fet peut dĂ©lĂ©guer tout ou partie de son droit de rĂ©servation de logements sociaux, au maire de la commune oĂč sont implantĂ©s les logements, ou avec l’accord de ce dernier, au prĂ©sident d’EPCI compĂ©tent en matiĂšre d’habitat.

Sur demande de la mĂ©tropole du Grand Paris et par convention d’une durĂ©e de six ans, l’Etat peut dĂ©lĂ©guer sans les dissocier certaines compĂ©tences liĂ©es au logement parmi lesquelles la gestion de tout ou partie des rĂ©servations de logements.

Les communes, groupements de communes, dĂ©partements et chambres de commerce et d’industrie peuvent contracter un contingent Ă  hauteur de 20 % des logements de chaque programme en contrepartie de l’octroi de la garantie financiĂšre des emprunts souscrits auprĂšs de la Caisse des DĂ©pĂŽts. De plus, l’Etat ou les collectivitĂ©s territoriales peuvent bĂ©nĂ©ficier de rĂ©servations supplĂ©mentaires en contrepartie d’un apport de terrain ou d’un financement.

En contrepartie de la participation des employeurs Ă  l’effort de construction, les CIL, ComitĂ©s Interprofessionnels du Logement, souscrivent Ă©galement des conventions de rĂ©servation.

Une convention de rĂ©servation doit obligatoirement ĂȘtre conclue entre tout bĂ©nĂ©ficiaire de rĂ©servations et l’organisme bailleur. Celle-ci doit indiquer les modalitĂ©s pratiques de leur mise en Ɠuvre, notamment les dĂ©lais dans lesquels le bailleur est tenu de signaler la mise en service et la vacance de

l’intĂ©gralitĂ© des logements rĂ©servĂ©s. Elle prĂ©cise comment les candidats au logement social sont proposĂ©s par les rĂ©servataires Ă  l’organisme HLM ainsi que les modalitĂ©s d’affectation des logements Ă  dĂ©faut de proposition.

Les rĂ©servataires peuvent faire des propositions de candidats Ă  l’attribution d’un logement dans un dĂ©lai fixĂ© par la convention. Les demandes sont traitĂ©es dans les conditions du droit commun (numĂ©ro d’enregistrement prĂ©alable, passage en commission d’attribution).

Si la convention de rĂ©servation est conclue au bĂ©nĂ©fice de l’Etat, elle doit, en plus, dĂ©finir la nature et les modalitĂ©s des Ă©changes d’informations nĂ©cessaires Ă  sa mise en Ɠuvre.

La procĂ©dure d’attribution

La compĂ©tence de la commission d’attribution
Chaque organisme HLM doit crĂ©er une ou plusieurs commissions d’attribution Ă©manant de leur conseil d’administration. Si la dispersion gĂ©ographique de son parc le justifie, plusieurs commissions d’attribution peuvent ĂȘtre créées.

Chaque commission doit se réunir au moins une fois tous les deux mois.

La commission, sous l’autoritĂ© du conseil d’administration de l’organisme, est composĂ©e de six membres qui Ă©lisent en leur sein un prĂ©sident. Dans tous les cas, le maire de la commune concernĂ©e par les attributions est membre de droit des commissions d’attribution. Il participe aux sĂ©ances avec voix dĂ©libĂ©rative pour ce qui concerne les logements Ă  attribuer sur la commune et dispose d’une voix prĂ©pondĂ©rante en cas d’égalitĂ© de voix.

La commission est compĂ©tente pour attribuer nominativement chaque logement locatif de l’organisme.

Les demandes de mutation au sein d’un organisme sont Ă©galement soumises Ă  la commission. Aucune attribution ne peut ĂȘtre prononcĂ©e si la demande n’a pas Ă©tĂ© enregistrĂ©e selon la procĂ©dure du numĂ©ro d’enregistrement unique.

En l’état actuel du droit, il est obligatoire de rĂ©unir les membres de la commission d’attribution pour dĂ©cider de l’octroi d’un logement.

Néanmoins, dans les communes non assujetties à la taxe sur les logements vacants, la tenue de commissions virtuelles (accord des membres de la commission par échanges de mails par exemple) est désormais autorisée expressément à titre expérimental et pour une durée de 3 ans, avec accord du préfet (loi ALUR).

L’examen des demandes et l’offre d’attribution
La commission d’attribution examine au moins trois demandes pour un mĂȘme logement Ă  attribuer, sauf en cas d’insuffisance du nombre de candidats.

Cette rĂšgle d’examen ne s’applique pas aux candidatures des personnes reconnues prioritaires et Ă  loger d’urgence par la commission de mĂ©diation DALO et dĂ©signĂ©es par le prĂ©fet au bailleur aux fins d’attribution d’un logement.

La commission attribue nominativement chaque logement locatif. Toute offre qui en rĂ©sulte doit indiquer le dĂ©lai de rĂ©ponse accordĂ© au bĂ©nĂ©ficiaire pour faire connaĂźtre son acceptation ou son refus. Ce dĂ©lai ne peut ĂȘtre infĂ©rieur Ă  10 jours. Le dĂ©faut de rĂ©ponse dans le dĂ©lai imparti Ă©quivaut Ă  un refus.

La commission peut classer les candidats par ordre de prioritĂ©. L’attribution du logement sera prononcĂ©e en faveur du candidat suivant en cas de refus par celui classĂ© devant lui.

Lors de la signature du bail, le bailleur ne peut rĂ©clamer au preneur le paiement de frais Ă  quelque titre que ce soit. En revanche, s’il confie Ă  un tiers l’établissement du contrat de location, les frais demeurent partagĂ©s par moitiĂ© entre le bailleur et le locataire en application de l’article 5 de la loi du 6 juillet 1989.

Le refus d’attribution
Tout rejet d’une demande d’attribution doit ĂȘtre notifiĂ© par Ă©crit au demandeur dans un document qui expose le ou les motifs de refus d’attribution.

Depuis la loi du 25 mars 2009, le fait pour l’un des membres du mĂ©nage candidat Ă  l’attribution d’un logement social d’ĂȘtre propriĂ©taire d’un logement adaptĂ© Ă  ses besoins et capacitĂ©s peut constituer un motif de refus.

En revanche, le tribunal administratif de Melun, dans un jugement du 6 juillet 2001, a considĂ©rĂ© que face Ă  une demande prioritaire d’attribution d’un logement social, une commission d’attribution ne pouvait pas fonder son refus en invoquant uniquement l’insuffisance des ressources du mĂ©nage.

L’obligation d’information

Les bailleurs sociaux rendent compte une fois par an de l’attribution des logements locatifs sociaux au prĂ©fet, aux prĂ©sidents des EPCI, et aux maires des communes concernĂ©es. Les informations transmises permettent notamment de connaĂźtre, pour chaque bailleur, le nombre total de logements locatifs gĂ©rĂ©s, le nombre total de logements rĂ©servĂ©s par l’Etat, des collectivitĂ©s territoriales et d’autres rĂ©servataires, le nombre de logements mis en service ou remis en location dans l’annĂ©e et le nombre de logements restĂ©s vacants plus de trois mois pendant l’annĂ©e.

Elles indiquent Ă©galement le nombre de demandes de logement reçues directement ou indirectement dans l’annĂ©e et les objectifs quantifiĂ©s annuels d’attribution en vertu de l’accord collectif dĂ©partemental ou intercommunal et le nombre d’attributions prononcĂ©es en application de ces objectifs.

1. PrĂȘt locatif aidĂ© d’intĂ©gration (PLAI), PrĂȘt locatif Ă  usage social (PLUS), PrĂȘt locatif social (PLS).