Mise Ă jour 08/2023
Au sommaire
1. Les conditions dâadmission de la demande de logement
- Les conditions relatives à la personnalité des bénéficiaires
- Les conditions de ressources
2. Lâenregistrement de la demande
- Le numĂ©ro dâenregistrement unique
- Les lieux et systĂšmes dâenregistrement
3. Les modalitĂ©s dâattribution
- Les réservations
- La procĂ©dure dâattribution
Code de la construction et de lâhabitation : L 441 Ă L 441-2-6 et R 441-1 Ă R 441-11 Loi de Lutte contre les exclusions du 29.07.1998
Loi instituant le Droit au Logement Opposable et portant diverses mesures en faveur de la cohésion sociale du 05.03.2007
Loi de Mobilisation pour le logement et la lutte contre lâexclusion du 25.03.2009
Loi de modernisation de lâaction publique territoriale et dâaffirmation des mĂ©tropoles du
28.01.2014
Loi pour lâAccĂšs au Logement et un Urbanisme RĂ©novĂ© (ALUR) du 26.03.2014
DĂ©cret relatif Ă la procĂ©dure dâenregistrement des demandes de logement locatif social du 29.04.2010
ArrĂȘtĂ© du 15.03.2010 – JO du 27.03.2010
ArrĂȘtĂ© relatif au formulaire de demande et aux piĂšces justificatives du 14.06.2010
ArrĂȘtĂ© modifiant lâarrĂȘtĂ© du 14.06.2010 relatif au formulaire et aux piĂšces justificatives du
9.09.2010
ArrĂȘtĂ© du 10.03.2011 fixant la mĂ©thode de calcul du taux dâeffort mentionnĂ© Ă lâarticle R.*
441-3-1 du code de la construction et de lâhabitation
ArrĂȘtĂ© du 22.12.2011 modifiant lâarrĂȘtĂ© du 29 juillet 1987 modifiĂ©
ArrĂȘtĂ© du 01.02.2013 fixant la liste des titres de sĂ©jour prĂ©vue au 1° de lâarticle R. 441-1 du
code de la construction et de lâhabitation
Circulaire n°5503 SG du Premier Ministre aux Préfets du 06.12.2010
Circulaire DEVL1031546C relative Ă la mise en Ćuvre de la rĂ©forme de la demande de logement social du 3.01.2011 – JO du 25.02.2011
Annexe Ă la circulaire DEVL1031546C relative Ă la mise en Ćuvre de la rĂ©forme de la demande de logement locatif social.
Loi ELAN 2018
Les logements locatifs sociaux font lâobjet dâune convention avec lâEtat, ouvrant droit Ă lâAide PersonnalisĂ©e au Logement (APL). Ils sont louĂ©s Ă titre de rĂ©sidence principale (au moins 8 mois par an), Ă un prix modĂ©rĂ©.
Les logements locatifs sociaux sont loués à des ménages disposant de revenus modestes ou faibles, inférieurs à des plafonds de ressources définis en fonction du type de financement (PLAI, PLUS, PLS1), de la composition familiale et de la zone géographique dans laquelle ils sont situés.
Ils sont financĂ©s par des subventions (Etat, collectivitĂ©s locales, et Action logement) et/ou des prĂȘts privilĂ©giĂ©s (Caisse des DĂ©pĂŽts et Consignations, Action logement, secteur bancaire pour certains PLS), et rĂ©alisĂ©s ou acquis par un bailleur social (Office public de lâhabitat -OPH, Entreprise sociale pour lâhabitat – ESH, SociĂ©tĂ© dâĂ©conomie mixte -SEM, communes, associations agréées).
Les rĂšgles dâattribution des logements locatifs sociaux ont fait lâobjet dâĂ©volutions lĂ©gislatives au cours des 15 derniĂšres annĂ©es :
- La loi de lutte contre les exclusions (29 juillet 1998) a introduit un mĂ©canisme dâenregistrement dĂ©partemental unique des demandes de logements locatifs sociaux ainsi quâun recours devant une commission de mĂ©diation en cas dâabsence dâoffre de logement ;
- La loi instituant le droit au logement opposable et portant diverses mesures en faveur de la cohĂ©sion sociale (5 mars 2007) a instaurĂ© un droit au logement garanti par lâEtat pour les personnes qui ne peuvent accĂ©der par leurs propres moyens Ă un logement dĂ©cent et indĂ©pendant, et dont la situation rĂ©pond Ă certains critĂšres (DALO) ;
- La loi de mobilisation pour le logement et contre lâexclusion (25 mars 2009) rĂ©forme les modalitĂ©s de lâenregistrement dĂ©partemental unique de la demande et la protection du droit au maintien dans les lieux en introduisant de nouveaux cas de remise en cause de ce droit ;
- La loi pour lâaccĂšs au logement et un urbanisme rĂ©novĂ©, dite ALUR, (26 mars 2014) simplifie la demande de logement social notamment grĂące au dossier unique qui pourra ĂȘtre dĂ©posĂ© sur internet.
- La loi ELAN de 2018.
Cette note juridique a pour objet de faire le point sur la réglementation de la demande et des attributions de logements sociaux aprÚs ces réformes.
1. Les conditions dâadmission de la demande
Les conditions relatives à la personnalité des bénéficiaires
Les personnes physiques
Elles sont de nationalitĂ© française, ou admises Ă sĂ©journer rĂ©guliĂšrement sur le territoire français dans des conditions de permanence dĂ©finies par arrĂȘtĂ©.
Pour les personnes de nationalitĂ© française, la production dâune piĂšce dâidentitĂ© (carte nationale dâidentitĂ©, passeport) est exigĂ©e pour chacune des personnes majeures Ă loger. Pour les enfants mineurs, le document Ă produire peut ĂȘtre le livret de famille ou lâacte de naissance.
Les citoyens de lâUnion europĂ©enne, les ressortissants dâun autre Etat partie Ă lâaccord sur lâEspace Ă©conomique europĂ©en ou de la ConfĂ©dĂ©ration suisse, doivent remplir les conditions exigĂ©es pour bĂ©nĂ©ficier dâun droit de sĂ©jour et satisfaire Ă©galement Ă la condition de permanence. (code de lâentrĂ©e et du sĂ©jour et du droit dâasile : art L121-1)
Pour les étrangers non communautaires, le titre de séjour en cours de validité, ou le récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour, est exigé pour toutes les personnes majeures qui vivront dans le logement.
Les personnes morales
Les organismes HLM peuvent louer, meublés ou non, des logements à certaines
personnes morales.
La loi de mobilisation pour le logement et contre lâexclusion du 25 mars 2009 a prĂ©cisĂ© et Ă©largi la liste de ces personnes morales. Il sâagit par exemple dâassociations agréées pour le logement des personnes dĂ©favorisĂ©es, la sous-location Ă titre temporaire Ă des personnes ĂągĂ©es, des personnes prĂ©sentant un handicap, des jeunes de moins de trente ans, ou encore des CROUS et des Centres Communaux dâAction Sociale (CCAS).
Les conditions de ressources
Les plafonds de ressources
Les logements HLM sont rĂ©servĂ©s Ă des personnes physiques dont les ressources nâexcĂšdent pas, pour lâensemble des personnes vivant au foyer, des plafonds fixĂ©s par arrĂȘtĂ© selon la catĂ©gorie du mĂ©nage et la zone dâimplantation du logement. Ces plafonds sont rĂ©visĂ©s annuellement au 1er janvier en fonction de lâĂ©volution de lâindice de rĂ©fĂ©rence des loyers (IRL).
Le montant des ressources pris en compte au cours dâune annĂ©e donnĂ©e est Ă©gal Ă la somme des revenus fiscaux de rĂ©fĂ©rence de chaque personne composant le mĂ©nage au titre de lâavant-derniĂšre annĂ©e prĂ©cĂ©dant celle de la signature du contrat de location (ressources N-2).
Toutefois, il est tenu compte des revenus de lâannĂ©e n-1 ou des revenus des douze derniers mois, sâils sont infĂ©rieurs dâau moins 10 % Ă ceux de lâannĂ©e n-2. Les dĂ©penses engagĂ©es pour lâhĂ©bergement du conjoint ou du partenaire du PACS dans un Ă©tablissement dâHĂ©bergement pour personnes ĂągĂ©es dĂ©pendantes (EHPAD) sont prises en compte pour dĂ©finir le niveau des ressources. La limite des dĂ©penses retenues sera prĂ©cisĂ©e par dĂ©cret en application de la loi ALUR.
Cas particuliers
Le ménage en instance de divorce
DĂ©sormais, lorsquâune demande est formulĂ©e par un seul des conjoints engagĂ©s dans une procĂ©dure de divorce, les revenus Ă prendre en compte sont ceux du seul conjoint faisant effectivement acte de candidature. La situation est attestĂ©e
- Â par une ordonnance de non conciliation ;
- Ă dĂ©faut par une copie de lâacte de saisine du Juge aux affaires familiales (JAF),
- lorsque le demandeur est dans une situation dâurgence attestĂ©e par une dĂ©cision du juge soit au titre des mesures urgentes dans une procĂ©dure de divorce (par exemple : autorisation de rĂ©sidence sĂ©parĂ©e donnĂ©e Ă lâĂ©poux demandeur), soit par une mesure conservatoire : apposition de scellĂ©s sur les biens communs (Code civil : art. 257) ou encore par le prononcĂ© de mesures urgentes ordonnĂ©es par le juge des affaires matrimoniales (Code civil : art. 220-1, al. 3) : en cas de violences conjugales, rĂ©sidence sĂ©parĂ©e des Ă©poux avec mention de lâĂ©poux qui continuera Ă rĂ©sider dans le logement conjugal.
De mĂȘme, en cas de divorce par consentement mutuel, les ressources du seul demandeur sont prises en considĂ©ration pour lâaccĂšs au logement social.
Dans tous les cas, l’existence d’un bail au nom du couple ne fait plus obstacle Ă l’attribution d’un logement au bĂ©nĂ©fice de lâun des conjoints en instance de divorce. Enfin, si une demande dĂ©posĂ©e par lâun des membres du couple avant la sĂ©paration, mentionne lâautre membre du couple parmi les personnes Ă loger, lâanciennetĂ© de cette demande est conservĂ©e lorsque celui-ci se substitue au demandeur initial. Il en est de mĂȘme si le demandeur initial maintient sa propre demande et que l’autre membre du couple dĂ©pose une autre demande. La situation des concubins nâest pas envisagĂ©e car chaque membre du couple est imposĂ© sĂ©parĂ©ment.
Les partenaires pacsés en cours de rupture (loi ELAN art 113/ CCH : L441-1)
Lorsque la demande est formulĂ©e par un seul des partenaires pacsĂ©s Ă lâoccasion dâune rupture, les revenus Ă prendre en compte sont ceux du seul partenaire qui fait acte de candidature. La situation est attestĂ©e par la dĂ©claration de la rupture Ă lâofficier de lâĂ©tat civil ou au notaire.
L’existence d’un bail au nom des membres du PACS ne fait plus obstacle Ă l’attribution d’un logement au bĂ©nĂ©fice de lâun des deux partenaires. Enfin, si une demande dĂ©posĂ©e par lâun des membres du couple avant la sĂ©paration, mentionne lâautre membre du couple parmi les personnes Ă loger, lâanciennetĂ© de cette demande est conservĂ©e lorsque celui-ci se substitue au demandeur initial. Il en est de mĂȘme si le demandeur initial maintient sa propre demande et que l’autre membre du couple dĂ©pose une autre demande.
Les personnes victimes de violences conjugales au sein dâun couple
Lorsque la demande est formulĂ©e Ă la suite de violences conjugales au sein dâun couple, les revenus Ă prendre en compte sont ceux de la personne faisant effectivement acte de candidature au logement social. La situation est attestĂ©e par le rĂ©cĂ©pissĂ© du dĂ©pĂŽt de plainte par la victime. Cette disposition ne vise que les couples mariĂ©s et les titulaires dâun Pacs car ils sont soumis Ă une imposition commune. La situation des concubins nâest pas envisagĂ©e car chaque membre du couple est imposĂ© sĂ©parĂ©ment.
Pour les personnes mariĂ©es ou pacsĂ©es, l’existence d’un bail au nom de lâun des membres du couple ne fait plus obstacle Ă l’attribution d’un logement.
Enfin, si une demande dĂ©posĂ©e par lâun des membres du couple avant la sĂ©paration, mentionne lâautre membre du couple parmi les personnes Ă loger, lâanciennetĂ© de cette demande est conservĂ©e lorsque celui-ci se substitue au demandeur initial. Il en est de mĂȘme si le demandeur initial maintient sa propre demande et que l’autre membre du couple dĂ©pose une autre demande.
Plafonds de ressources en 2023 :
| PLAI | PLUS | |||
|---|---|---|---|---|
| Catégorie de ménages | Paris et communes limitrophes | Ile-de-France hors Paris et communes limitrophes | Paris et communes limitrophes | Ile-de-France hors Paris et communes limitrophes |
| 1 - Une personne seule | 13.845 | 12 845 | 25 165 | 25 165 |
| 2 - Deux personnes ne comportant aucune personne à charge à l'exclu- -sion des jeunes ménages | 22 567 | 22 567 | 37 611 | 37 611 |
| 3 - Trois personnes ou une personne seule avec une personne à charge ou jeune ménage sans personne à charge | 29 581 | 27 126 | 49 303 | 45 210 |
| 4 - Quatre personnes ou une per- sonne seule avec trois personnes Ă charge | 32 380 | 29 784 | 58 865 | 54 154 |
| 5 - Cinq personnes ou une personne seule avec trois personnes Ă charge | 38 518 | 35 261 | 70 036 | 64 108 |
| 6 - Six personnes ou une personne seule avec quatre personnes Ă charge | 43 347 | 39 678 | 78 809 | 72 142 |
| Personne supplémentaire | 4 829 | 4 419 | 8 038 | 6 273 |
Les financements PLS et PLI ouvrent droit Ă dâautres plafonds de ressources : http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/F869.xhtml
Les dérogations aux plafonds de ressources
Plusieurs types de dérogations aux plafonds de ressources existent :
- La possibilitĂ© est ouverte aux bailleurs HLM et aux SEM de modifier les conventions APL pour adapter lâoffre de logements aux ressources du locataire. Le bailleur peut loger dans des logements PLUS des locataires ayant des ressources de niveau PLAI avec une baisse de En contrepartie, une majoration de loyer pourra ĂȘtre appliquĂ©e dans des logements financĂ©s avec du PLAI et occupĂ©s provisoirement par des locataires ayant des ressources de niveau PLUS (CCH : R 353-70 et Flash DGALN n° 25-2011).
- Lorsquâil y a une convention de dĂ©lĂ©gation des aides Ă la pierre (loi du 08.2004), celle-ci peut prĂ©voir des majorations aux plafonds de ressources dans la limite dâun dĂ©passement de 30 %, afin de favoriser la mixitĂ© sociale.
- Les organismes HLM signataires dâune convention dâutilitĂ© sociale avec lâEtat peuvent dĂ©roger aux plafonds de ressources dans le respect des orientations du PLH, Programme Local de lâHabitat (L.445-3, R 445-8), notamment en vue de favoriser la mixitĂ© sociale.
- Afin de résoudre des problÚmes graves de vacance de logement et favoriser la mixité sociale, le préfet peut fixer des rÚgles dérogeant localement et temporairement aux plafonds de ressources, dans les grands ensembles et les quartiers des zones urbaines sensibles (ZUS).
- Afin de favoriser le dĂ©veloppement dâune offre de logements en faveur des Ă©tudiants, les organismes HLM sont autorisĂ©s Ă louer leurs logements, meublĂ©s ou non, Ă un ou plusieurs Ă©tudiants sans condition de ressources.
2. Lâenregistrement de la demande
Le numĂ©ro dâenregistrement unique
La demande
Toutes les demandes sont enregistrĂ©es dans le systĂšme national dâenregistrement (SNE), quâelles soient prĂ©sentĂ©es par une personne Ă un service enregistreur (voir ci-dessous «Lieux et systĂšmes dâenregistrement»), ou enregistrĂ©es directement par le demandeur par voie Ă©lectronique (http://www.demande-loge- ment-social.gouv.fr)
Chaque demande donne lieu Ă la dĂ©livrance dâun numĂ©ro unique dâenregistrement. Cette demande est dĂ©posĂ©e au moyen dâun formulaire entrĂ© en vigueur le 1er octobre 2010. Depuis le 28 mars 2011, la demande de logement social est devenue rĂ©gionale en Ile-de-France. Une seule inscription suffit auprĂšs dâun guichet enregistreur.
Elle fait ensuite lâobjet dâun enregistrement dĂšs lors que le demandeur est en mesure de fournir les informations prĂ©vues dans le formulaire. Aucune condition de rĂ©sidence prĂ©alable dans la commune ne peut ĂȘtre opposĂ©e au demandeur pour le dĂ©pĂŽt de sa demande.
La loi ALUR prévoit que les piÚces justificatives associées au dossier de demande et servant à son instruction soient déposées en un seul exemplaire. Elles sont enregistrées dans le SNE et accessibles aux personnes ayant accÚs aux données nominatives du systÚme.
Lâattestation dâenregistrement de la demande est dĂ©livrĂ©e dans le dĂ©lai dâun mois Ă compter de son dĂ©pĂŽt. Elle comporte dĂ©sormais la liste des bailleurs de logements sociaux et des organismes agréés disposant dâun patrimoine sur les communes demandĂ©es. Il en est de mĂȘme Ă lâoccasion de tout renouvellement ou toute modification de la demande. Lâattestation comporte notamment le numĂ©ro dâenregistrement, la durĂ©e de validitĂ©, les modalitĂ©s de renouvellement et de radiation de la demande.
La durée de validité de la demande
La durĂ©e de validitĂ© de la demande est dâun an Ă compter de sa prĂ©sentation initiale ou le cas Ă©chĂ©ant de son dernier enregistrement. Un mois au moins avant la date dâexpiration de la validitĂ© de la demande, le demandeur reçoit une notification lâinformant de la date Ă laquelle sa demande cessera dâĂȘtre valide, de la nĂ©cessitĂ© de la renouveler avant lâexpiration de ce dĂ©lai, et prĂ©cisant que le dĂ©faut de renouvellement vaut radiation. Cette notification peut ĂȘtre effectuĂ©e par voie Ă©lectronique si le demandeur a acceptĂ© cette modalitĂ©, ou par tout autre moyen permettant dâattester de sa remise.
Le renouvellement est effectuĂ© Ă partir du formulaire de demande en actualisant les informations fournies lors du dĂ©pĂŽt initial de la demande, ou lors du prĂ©cĂ©dent renouvellement. Il est rĂ©alisĂ© auprĂšs de tout lieu dâenregistrement de la demande. Toute mise Ă jour ou correction Ă©ventuelle est effectuĂ©e en conservant la date de dĂ©pĂŽt initial de la demande, ou lors du prĂ©cĂ©dent renouvellement. Lâattestation du renouvellement de la demande est remise au demandeur dans les mĂȘmes conditions que la demande initiale.
La gratuité de la demande
A lâoccasion de la demande dâattribution dâun logement social, le bailleur ne peut rĂ©clamer au demandeur le paiement de frais Ă quelque titre que ce soit.
Le droit Ă information des demandeurs
Toute personne susceptible de demander un logement social bĂ©nĂ©ficie dâun droit Ă lâinformation sur :
- les modalités de dépÎt de la demande ;
- les piĂšces justificatives pouvant ĂȘtre exigĂ©es ;
- les caractĂ©ristiques du parc social dans les secteurs qui lâintĂ©ressent ;
- le niveau de satisfaction des demandes exprimées sur ces secteurs.
Lâinformation sur les donnĂ©es le concernant et qui sont enregistrĂ©es dans le systĂšme national, ainsi que sur les principales Ă©tapes du traitement de sa demande.
Le plan partenarial de gestion de la demande de logement social et dâinformation des demandeurs
Toute intercommunalitĂ© dotĂ©e dâun PLH devra Ă©laborer un Plan partenarial de gestion de la demande de logement social et dâinformation des demandeurs (PPGDLSID). En lâabsence de plan, le prĂ©fet de dĂ©partement pourra se charger de son Ă©laboration. Ce plan, auquel sont associĂ©s les communes et un reprĂ©sentant  des organismes bailleurs, dĂ©finit les orientations destinĂ©es Ă assurer la gestion partagĂ©e des demandes de logement social et Ă satisfaire au droit Ă lâinformation des demandeurs. Il fixera le dĂ©lai maximal dans lequel tout demandeur qui le souhaite doit ĂȘtre reçu aprĂšs lâenregistrement de sa demande de logement social. Ce dĂ©lai ne peut excĂ©der un mois, sauf dans les zones dâurbanisation continue de plus de 50 000 habitants (CGI : art 232), oĂč il peut ĂȘtre portĂ© Ă 2 mois.
Un dĂ©cret en Conseil dâEtat prĂ©cisera les modalitĂ©s dâapplication de ce dispositif.
Les lieux et systĂšmes dâenregistrement
Les organismes compétents pour enregistrer les demandes
Les organismes HLM et les SociĂ©tĂ©s dâEconomie Mixte disposant dâun patrimoine locatif, les services de lâEtat dĂ©signĂ©s par le prĂ©fet, ainsi que le DĂ©partement, les communes ou les Ă©tablissements publics de coopĂ©ration communale (EPCI) lorsquâils ont pris une dĂ©libĂ©ration Ă cet effet sont des lieux dâenregistrement des demandes de logement locatif social.
La liste des acteurs ayant la possibilitĂ© dâĂȘtre service enregistreur des demandes est Ă©largie par la loi ALUR Ă tout service commun dâenregistrement placĂ© sous la responsabilitĂ© des personnes morales dĂ©signĂ©es jusquâici comme service dâenregistrement (bailleurs sociaux, collectivitĂ©s territoriales ou EPCIâŠ) ainsi quâĂ tout Service intĂ©grĂ© dâaccueil et dâorientation (SIAO).
Les organismes collecteurs dâAction Logement (CIL), lorsquâils disposent de rĂ©servations de logements deviennent services dâenregistrement des demandes qui leur sont adressĂ©es.
Les services chargĂ©s dâenregistrer les demandes doivent passer convention avec un ou plusieurs bailleurs pour leur adresser les demandes afin de sâassurer quâelles soient traitĂ©es.
La radiation dâune demande du fichier dâenregistrement
La radiation ne peut intervenir que pour lâun des motifs suivants :
- attribution dâun logement au demandeur. La signature du bail entraĂźne de plein droit la radiation de la demande ;
- renonciation écrite du demandeur ;
- irrecevabilitĂ© de la demande au regard des conditions lĂ©gislatives et rĂ©glementaires dâaccĂšs au logement social ;
- absence de rĂ©ponse du demandeur Ă un courrier envoyĂ© Ă la derniĂšre adresse indiquĂ©e par lâintĂ©ressĂ© ;
- non renouvellement de la demande aprĂšs un dĂ©lai dâun an constatĂ© par le
Dans les deux derniers cas, un avertissement est effectuĂ© par lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception ou tout autre moyen permettant dâattester de la remise. La radiation intervient un mois aprĂšs cet avertissement, sans rĂ©ponse de la part du demandeur.
3. Les modalitĂ©s dâattribution Les critĂšres dâattribution
Les critÚres généraux
(CCH : L.441 et R.441-3 et arrĂȘtĂ© du 10.3.11)
Pour lâattribution de logements locatifs sociaux, il est tenu compte du patrimoine, de la composition, du niveau de ressources et des conditions de logement actuelles du mĂ©nage, de l’Ă©loignement des lieux de travail et de la proximitĂ© des Ă©quipements rĂ©pondant aux besoins des demandeurs. Est ajoutĂ©e Ă cette liste un nouveau critĂšre de prioritĂ© : la mobilitĂ© gĂ©ographique liĂ©e Ă lâemploi (EC : art. 70, I). Il est Ă©galement tenu compte de lâactivitĂ© professionnelle des membres du mĂ©nage lorsquâil sâagit dâassistants maternels ou dâassistants familiaux agréés. Les ressources font, dans certaines situations, lâobjet dâune apprĂ©ciation particuliĂšre
Les critÚres de priorité
(ELAN : art. 114 / CCH : L.441-1 et R.441-4)
La liste des personnes prioritaires est modifiĂ©e. Les critĂšres de prioritĂ© font lâobjet dâune réécriture en incluant ceux prĂ©vus par la loi DALO (loi n° 2007-290 du 5.3.07) et la loi Besson (loi n° 90-449 du 31.5.90). Cette liste vaut pour les attributions, les accords collectifs, la convention intercommunale dâattribution et le PDALHPD.
Les logements sont attribuĂ©s prioritairement Ă des personnes bĂ©nĂ©ficiant dâune dĂ©cision favorable au titre du DALO, ainsi quâaux catĂ©gories de personnes suivantes :
- en situation de handicap telle que dĂ©finie Ă lâarticle L.114 du Code de lâaction sociale et des familles, ou aux familles ayant Ă leur charge une telle personne ;
- mal logĂ©es ou dĂ©favorisĂ©es et rencontrant des difficultĂ©s particuliĂšres de logement pour des raisons d’ordre financier ou tenant Ă leurs conditions d’existence. Les personnes confrontĂ©es Ă un cumul de difficultĂ©s financiĂšres et de difficultĂ©s dâinsertion sociale sont ajoutĂ©es Ă cette catĂ©gorie ;
- hébergées ou logées temporairement dans un établissement ou un logement de transition ;
- reprenant une activitĂ© aprĂšs une pĂ©riode de chĂŽmage de longue durĂ©e (la condition liĂ©e au fait quâelles soient mal logĂ©es nâĂ©tant plus nĂ©cessaire) ;
- vivant maritalement ou liĂ©es par un PACS et justifiant de violences au sein du couple ou entre les partenaires, sans que la circonstance que le conjoint ou le partenaire liĂ© par un PACS bĂ©nĂ©ficie d’un contrat de location au titre du logement occupĂ© par le couple puisse y faire obstacle. Les personnes menacĂ©es de mariage forcĂ© sont ajoutĂ©es Ă cette catĂ©gorie ;
- engagĂ©es dans le parcours de sortie de la prostitution et d’insertion sociale et professionnelle (CASF : L.121-9) ;
- victimes de l’une des infractions de traite des ĂȘtres humains ou de proxĂ©nĂ©tisme (CP : 225- 4-1 Ă 225-4-6 et 225-5 Ă 225-10).
Les accords collectifs relatifs aux attributions
Les accords collectifs départementaux
Le prĂ©fet conclut tous les trois ans un accord collectif avec les organismes HLM disposant dâun patrimoine locatif social dans le dĂ©partement. Les reprĂ©sentants des organismes titulaires de droits de rĂ©servation sur des logements inclus dans ce patrimoine peuvent ĂȘtre signataires de lâaccord.
Cet accord dĂ©finit pour chaque organisme un engagement annuel quantifiĂ© dâattribution de logements aux personnes connaissant des difficultĂ©s Ă©conomiques et sociales, et prĂ©voit les moyens dâaccompagnement et les dispositions nĂ©cessaires Ă la mise en Ćuvre et au suivi de ces objectifs.
Il doit respecter la mixitĂ© sociale des villes et des quartiers, et tenir compte des capacitĂ©s dâaccueil et des conditions dâoccupation des immeubles constituant le patrimoine des diffĂ©rents organismes par secteur gĂ©ographique.
Une commission chargĂ©e dâexaminer les dossiers des demandeurs de logement social concernĂ©s par lâaccord collectif dĂ©partemental est créée. Sans se substituer aux dĂ©cisions des commissions dâattribution, la commission de coordination Ă©met un avis quant Ă lâopportunitĂ© dâattribuer un logement dans le parc social situĂ© dans le ressort du territoire de lâĂ©tablissement public.
Les accords collectifs intercommunaux
Les EPCI compĂ©tents en matiĂšre dâhabitat et disposant dâun Programme local de lâhabitat adoptĂ© ont dĂ©sormais la possibilitĂ© de proposer aux organismes disposant dâun patrimoine locatif social dans leur ressort territorial, de conclure pour trois ans un accord collectif intercommunal.
Les réservations
Les bĂ©nĂ©ficiaires des rĂ©servations de logements peuvent ĂȘtre lâEtat, les collectivitĂ©s territoriales, leurs Ă©tablissements publics, les Ă©tablissements publics de coopĂ©ration intercommunale, les employeurs, les collecteurs de la participation des employeurs Ă lâeffort de construction, les chambres de commerce et dâindustrie et les organismes Ă caractĂšre dĂ©sintĂ©ressĂ©.
Le prĂ©fet dispose dâun droit de rĂ©servation au profit des personnes prioritaires, mal logĂ©es ou dĂ©favorisĂ©es, notamment au titre du DALO, sans contrepartie.
Ce droit de rĂ©servation ne peut pas porter, sauf dĂ©rogation, sur plus de 30 % du total des logements de chaque organisme, dont 5 % maximum au bĂ©nĂ©fice des agents civils et militaires de lâEtat.
Une convention entre lâEtat et lâorganisme HLM prĂ©cise les conditions de rĂ©servation.
Le prĂ©fet peut dĂ©lĂ©guer tout ou partie de son droit de rĂ©servation de logements sociaux, au maire de la commune oĂč sont implantĂ©s les logements, ou avec lâaccord de ce dernier, au prĂ©sident dâEPCI compĂ©tent en matiĂšre dâhabitat.
Sur demande de la mĂ©tropole du Grand Paris et par convention dâune durĂ©e de six ans, lâEtat peut dĂ©lĂ©guer sans les dissocier certaines compĂ©tences liĂ©es au logement parmi lesquelles la gestion de tout ou partie des rĂ©servations de logements.
Les communes, groupements de communes, dĂ©partements et chambres de commerce et dâindustrie peuvent contracter un contingent Ă hauteur de 20 % des logements de chaque programme en contrepartie de lâoctroi de la garantie financiĂšre des emprunts souscrits auprĂšs de la Caisse des DĂ©pĂŽts. De plus, lâEtat ou les collectivitĂ©s territoriales peuvent bĂ©nĂ©ficier de rĂ©servations supplĂ©mentaires en contrepartie dâun apport de terrain ou dâun financement.
En contrepartie de la participation des employeurs Ă lâeffort de construction, les CIL, ComitĂ©s Interprofessionnels du Logement, souscrivent Ă©galement des conventions de rĂ©servation.
Une convention de rĂ©servation doit obligatoirement ĂȘtre conclue entre tout bĂ©nĂ©ficiaire de rĂ©servations et lâorganisme bailleur. Celle-ci doit indiquer les modalitĂ©s pratiques de leur mise en Ćuvre, notamment les dĂ©lais dans lesquels le bailleur est tenu de signaler la mise en service et la vacance de
lâintĂ©gralitĂ© des logements rĂ©servĂ©s. Elle prĂ©cise comment les candidats au logement social sont proposĂ©s par les rĂ©servataires Ă lâorganisme HLM ainsi que les modalitĂ©s dâaffectation des logements Ă dĂ©faut de proposition.
Les rĂ©servataires peuvent faire des propositions de candidats Ă lâattribution dâun logement dans un dĂ©lai fixĂ© par la convention. Les demandes sont traitĂ©es dans les conditions du droit commun (numĂ©ro dâenregistrement prĂ©alable, passage en commission dâattribution).
Si la convention de rĂ©servation est conclue au bĂ©nĂ©fice de lâEtat, elle doit, en plus, dĂ©finir la nature et les modalitĂ©s des Ă©changes dâinformations nĂ©cessaires Ă sa mise en Ćuvre.
La procĂ©dure dâattribution
La compĂ©tence de la commission dâattribution
Chaque organisme HLM doit crĂ©er une ou plusieurs commissions dâattribution Ă©manant de leur conseil dâadministration. Si la dispersion gĂ©ographique de son parc le justifie, plusieurs commissions dâattribution peuvent ĂȘtre créées.
Chaque commission doit se réunir au moins une fois tous les deux mois.
La commission, sous lâautoritĂ© du conseil dâadministration de lâorganisme, est composĂ©e de six membres qui Ă©lisent en leur sein un prĂ©sident. Dans tous les cas, le maire de la commune concernĂ©e par les attributions est membre de droit des commissions dâattribution. Il participe aux sĂ©ances avec voix dĂ©libĂ©rative pour ce qui concerne les logements Ă attribuer sur la commune et dispose dâune voix prĂ©pondĂ©rante en cas dâĂ©galitĂ© de voix.
La commission est compĂ©tente pour attribuer nominativement chaque logement locatif de lâorganisme.
Les demandes de mutation au sein dâun organisme sont Ă©galement soumises Ă la commission. Aucune attribution ne peut ĂȘtre prononcĂ©e si la demande nâa pas Ă©tĂ© enregistrĂ©e selon la procĂ©dure du numĂ©ro dâenregistrement unique.
En lâĂ©tat actuel du droit, il est obligatoire de rĂ©unir les membres de la commission dâattribution pour dĂ©cider de lâoctroi dâun logement.
Néanmoins, dans les communes non assujetties à la taxe sur les logements vacants, la tenue de commissions virtuelles (accord des membres de la commission par échanges de mails par exemple) est désormais autorisée expressément à titre expérimental et pour une durée de 3 ans, avec accord du préfet (loi ALUR).
Lâexamen des demandes et lâoffre dâattribution
La commission dâattribution examine au moins trois demandes pour un mĂȘme logement Ă attribuer, sauf en cas dâinsuffisance du nombre de candidats.
Cette rĂšgle dâexamen ne sâapplique pas aux candidatures des personnes reconnues prioritaires et Ă loger dâurgence par la commission de mĂ©diation DALO et dĂ©signĂ©es par le prĂ©fet au bailleur aux fins dâattribution dâun logement.
La commission attribue nominativement chaque logement locatif. Toute offre qui en rĂ©sulte doit indiquer le dĂ©lai de rĂ©ponse accordĂ© au bĂ©nĂ©ficiaire pour faire connaĂźtre son acceptation ou son refus. Ce dĂ©lai ne peut ĂȘtre infĂ©rieur Ă 10 jours. Le dĂ©faut de rĂ©ponse dans le dĂ©lai imparti Ă©quivaut Ă un refus.
La commission peut classer les candidats par ordre de prioritĂ©. Lâattribution du logement sera prononcĂ©e en faveur du candidat suivant en cas de refus par celui classĂ© devant lui.
Lors de la signature du bail, le bailleur ne peut rĂ©clamer au preneur le paiement de frais Ă quelque titre que ce soit. En revanche, sâil confie Ă un tiers lâĂ©tablissement du contrat de location, les frais demeurent partagĂ©s par moitiĂ© entre le bailleur et le locataire en application de lâarticle 5 de la loi du 6 juillet 1989.
Le refus dâattribution
Tout rejet dâune demande dâattribution doit ĂȘtre notifiĂ© par Ă©crit au demandeur dans un document qui expose le ou les motifs de refus dâattribution.
Depuis la loi du 25 mars 2009, le fait pour lâun des membres du mĂ©nage candidat Ă lâattribution dâun logement social dâĂȘtre propriĂ©taire dâun logement adaptĂ© Ă ses besoins et capacitĂ©s peut constituer un motif de refus.
En revanche, le tribunal administratif de Melun, dans un jugement du 6 juillet 2001, a considĂ©rĂ© que face Ă une demande prioritaire dâattribution dâun logement social, une commission dâattribution ne pouvait pas fonder son refus en invoquant uniquement lâinsuffisance des ressources du mĂ©nage.
Lâobligation dâinformation
Les bailleurs sociaux rendent compte une fois par an de lâattribution des logements locatifs sociaux au prĂ©fet, aux prĂ©sidents des EPCI, et aux maires des communes concernĂ©es. Les informations transmises permettent notamment de connaĂźtre, pour chaque bailleur, le nombre total de logements locatifs gĂ©rĂ©s, le nombre total de logements rĂ©servĂ©s par lâEtat, des collectivitĂ©s territoriales et dâautres rĂ©servataires, le nombre de logements mis en service ou remis en location dans lâannĂ©e et le nombre de logements restĂ©s vacants plus de trois mois pendant lâannĂ©e.
Elles indiquent Ă©galement le nombre de demandes de logement reçues directement ou indirectement dans lâannĂ©e et les objectifs quantifiĂ©s annuels dâattribution en vertu de lâaccord collectif dĂ©partemental ou intercommunal et le nombre dâattributions prononcĂ©es en application de ces objectifs.
1. PrĂȘt locatif aidĂ© dâintĂ©gration (PLAI), PrĂȘt locatif Ă usage social (PLUS), PrĂȘt locatif social (PLS).
